Médias dominants, dirigeants étrangers, classe politique française : le système au secours de Marine Le Pen

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De Washington à Moscou, de Cnews à Darmanin : tour d’horizon des soutiens de Marine Le Pen après sa condamnation


Quelques visages des soutiens de Marine Le Pen : les représentants du fascisme et d'un système de corruption généralisée.

Au mois de janvier, après la mort de Jean-Marie Le Pen, tout le système adoubait le vieux fasciste, qui avait pratiqué la torture en Algérie, fondé un parti avec des nazis, et consacré sa vie à diffuser le racisme à grande échelle en France. Souvenez-vous : les médias organisaient des hommages, relatant sa carrière politique avec tendresse. L’AFP parlait d’un «tribun hors-pair», Le Figaro d’un homme au «talent oratoire sans pareil» qui «brisait les tabous», Médiapart d’un personnage «clivant» et François Bayrou, Premier Ministre, le saluait : «quel combattant il était» !

Aucun média n’avait titré sur son fascisme, son antisémitisme ni sur les crimes qu’il avait commis. Ce genre d’attaques est désormais réservé à la gauche.

La tyrannie des juges

En mars 2025, c’est le même scénario, mais pour soutenir la fille. Condamnée pour avoir détourné la modique somme de 4,5 millions d’euros dans un système d’escroquerie tentaculaire, elle est présentée comme la victime de la «tyrannie des juges».

Pourtant, les extraits du procès de Le Pen sont accablants : rémunération factice d’un garde du corps 9.000€ par mois avec prime de fin de contrat sans fin de contrat, mi-temps d’assistants facturés 5.000€ par mois, primes de Noël pour la sœur et pour la meilleure amie de Le Pen… et même un emploi fictif pour le majordome de son père ! Chacun 10.000€ mensuels, payés par l’argent public, pour un travail inexistant. On rappelle que François Fillon a été condamné à 10 ans d’inéligibilité, donc deux fois plus que Marine Le Pen, pour des faits bien moins graves. La condamnation n’a rien d’exceptionnel ni de particulièrement sévère.

Soutien médiatique

Pourtant, la candidate « anti-système » est soutenue par le système, dans une complainte hallucinante répétée par tous les médias. Marine Le Pen est l’assurance vie du système. Cyril Hanouna sur Europe 1 s’alarme : «Sarkozy la semaine dernière, Marine Le Pen cette semaine. C’est dramatique. Il se passe quelque chose de grave en France». C’est vrai quoi, si les politiciens de premier plan ne peuvent plus voler des millions ou toucher l’argent d’un dictateur terroriste, où va-t-on ?

La chaîne RMC a organisé une mise en scène plus vicieuse encore, prétendant «donner la parole aux auditeurs», elle n’a passé à l’antenne que des témoignages pro-Le Pen. Par exemple, la «colère de Frank», qui explique en live : «Dès que je vais raccrocher avec vous, je vais sur le site du RN pour prendre ma carte. Ils peuvent mettre n’importe qui, je voterai pour lui». C’est bien connu, les français rejoignent toujours les partis condamnés pour avoir piqué l’argent public.

BFM titre «Un scandale démocratique ?» et fait un sujet sur la juge qui a prononcé la condamnation. Jean-Dominique Merchet, éditorialiste multifonction qu’on voit sur tous les plateaux estime que «la justice française interdit à la cheffe de l’opposition de se présenter aux élections. Au nom de la loi, la « liberté de l’électeur » est mise à mal. C’est une bombe à retardement pour notre démocratie libérale. Imaginons une décision semblable dans un autre pays, en Hongrie». En Hongrie, le gouvernement enferme ses opposant-es, persécute les minorités de genre et protège les nazis, mais tout ça, Merchet s’en fout.

Le soir même de la condamnation TF1, dans son JT regardé par des millions de personnes, invitait en prime time Marine Le Pen. C’était déjà le cas avec Sarkozy et Benalla : en France, les puissants sont conviés sur le plateau télé le plus regardé du pays après leur condamnation. Plus ils commettent de délits, plus on leur offre une tribune !

Cette frénésie médiatique pour défendre Le Pen est-elle cohérente avec l’opinion des français ? Même pas. Selon un sondage, 57% de la population juge que la condamnation de Le Pen est «normale» et 68% que la règle «d’exécution provisoire» en cas de condamnation pour détournement de fonds publics est «juste». Les éditorialistes sont, encore une fois, un petit cercle minoritaire qui impose ses idées d’extrême droite.

Internationale d’extrême droite

Hors de nos frontières, toute l’internationale fasciste vole au secours de Marine Le Pen. Elon Musk accuse «la gauche radicale [française] d’abuser du système judiciaire pour emprisonner ses opposants». La porte-parole de la Maison Blanche a déclaré : «L’exclusion de personnes du processus politique est particulièrement préoccupante compte tenu de la guerre judiciaire agressive et corrompue menée contre le président Donald Trump ici aux États-Unis». Ce serait drôle si les trumpistes n’étaient pas en train d’organiser une purge généralisée de toute l’administration et d’enfermer ou d’expulser tous ceux qui ne pensent pas comme eux.

Viktor Orban, dirigeant d’extrême droite Hongrois s’exclame : «Je suis Marine». Le président violemment transphobe dans son pays change de genre. Dmitri Medvedev, vice-président russe, estime que le procès de Marine Le Pen est une «dérive liberticide» et évoque le 31 mars 1814, date de l’entrée des cosaques russes dans Paris, pour «restaurer la liberté» à Paris. Le porte-parole du Kremlin déclare que «de plus en plus de capitales européennes empruntent la voie de la violation des normes démocratiques». Le renversement des valeurs est total. Et avec eux, l’italien Matteo Salvini, l’espagnol Santiago Abascal, le hollandais Geerts Wilder… Toute la crème de l’extrême droite occidentale.

Marine Le Pen a réussi à constituer derrière elle un axe russo-étasunien néofasciste. Géopolitiquement, c’est fort.

La classe politique française au garde à vous

«Quoiqu’on pense du RN et de l’affaire jugée aujourd’hui, cette date restera un jour très sombre pour la démocratie française» estime François Xavier Bellamy, dirigeant des Républicains. Son ancien camarade Éric Ciotti, qui a rejoint le RN, gesticule dans tous les sens. Entre deux déclarations énervées, il a déposé un projet de loi pour supprimer l’exécution provisoire d’une peine d’inéligibilité. Cette loi serait rétroactive : si elle était votée, elle ferait sauter la condamnation de Le Pen.

L’avocat Gilbert Collard ajoute à la radio : «C’est horrible, ça me met dans un malaise humain et juridique, c’est de la haine judiciaire». La militante d’extrême droite Alice Cordier, habituée des plateaux de Bolloré, parle d’un «meurtre politique orchestré par une justice d’extrême gauche». Puisque les mots n’ont aucun sens, allons y à fond.

L’ancien dirigeant socialiste Julien Dray, co-fondateur de SOS Racisme, sioniste virulent, a publié plus de 10 posts de soutien à Marine Le Pen sur Twitter, allant jusqu’à contester la culpabilité de Marine Le Pen, ce que personne n’ose sérieusement faire à part lui.

Plus préoccupant : Noëlle Lenoir, qui est ancienne ministre, ancienne «déontologue de l’Assemblée Nationale» (!) et surtout membre honoraire du Conseil Constitutionnel, s’insurge sur LCI à propos de l’inéligibilité de Marine Le Pen : «Cette décision n’est pas fondée en droit […]. Les juges ont tué la monarchie, ils vont tuer la République. La décision d’inéligibilité de Marine Le Pen est scandaleuse». Le Conseil Constitutionnel se prononce notamment pour valider les candidatures aux élections…

Un coup de pouce pour Marine Le Pen

Le meilleur pour la fin : le gouvernement Macron organise déjà l’impunité de Le Pen. Le 1er avril, François Bayrou en personne a pris la parole à l’Assemblée pour semer le doute sur la condamnation. Il a déclaré : «Il est vrai qu’il y a des interrogations» concernant la peine d’inéligibilité de Le Pen, et ajouté qu’en «tant que citoyen» il attendait le procès en appel.

Bayrou avait déjà publiquement soutenu Marine Le Pen dans le cadre de son procès et s’opposait à son inéligibilité. En décembre, à peine nommé Premier Ministre, il avait refusé de qualifier le RN de parti d’extrême droite. Juste avant l’élection présidentielle de 2022, François Bayrou avait déjà volé au secours de Marine Le Pen pour lui donner sa signature, nécessaire pour se présenter. À l’époque, il disait avoir parrainé la candidate «pour sauver la démocratie».

Gérald Darmanin, Ministre de la justice, avait quant à lui déclaré plusieurs fois qu’il était contre une peine d’inéligibilité de Le Pen, ce qui est déjà gravissime en tant que numéro 1 de la justice française. Il vient de dire : «Je souhaite personnellement que si Mme Le Pen interjette recours, ce délai de jugement nouveau à la cour d’appel de Paris puisse être organisé dans un délai le plus raisonnable possible». En clair : qu’un procès en appel ait lieu très vite, contrairement à la plupart des affaires qui traînent en longueur.

Et, quelques heures plus tard, miracle : le procès était fixé en 2026, donc l’an prochain, un an avant la présidentielle. Ce qui permettrait de réviser la peine, par exemple réduire la période d’inéligibilité, pour permettre, comme par magie, à Le Pen de se présenter. Vous voyez venir l’arnaque ?

https://contre-attaque.net/2025/04/02/medias-dominants-dirigeants-etrangers-classe-politique-francaise-le-systeme-au-secours-de-marine-le-pen/

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