Billet de blog 22 octobre 2026
Macron et ses séides ont perdu les deux dernières élections législatives mais ils ont réussi à garder la main sur le pouvoir, en particulier avec la collaboration de la frange la plus droitière, anti-écologique et antisociale du Parti Socialiste (Hollande, Gluksman, Guedj et cie).

Macron et ses séides ont perdu les deux dernières élections législatives mais ils ont réussi à garder la main sur le pouvoir, en particulier avec la collaboration de la frange la plus droitière, anti-écologique et antisociale du Parti Socialiste (Hollande, Gluksman, Guedj et cie). C’est donc un pouvoir totalement illégitime qui se maintient en place et en profite, avant sa disparition définitive en 2027, pour prendre le maximum de décisions nuisibles.
En voici assurément trois des plus emblématiques :
- répression féroce à l’encontre des manifestants (en particulier lycéens) tout comme les Gilets jaunes l’ont été en 2019.
- loi dite d’urgence agricole donnant satisfaction aux factions les plus nauséabondes (Coordination rurale et Fnsea en particulier) : réhabilitation des pires pesticides et des projets insensés de méga-bassines malgré les preuves incontestables de l’ineptie de ces méthodes.
- mise en route d’un nouveau programme de réacteurs nucléaires. C’est plus spécifiquement ce sujet que nous souhaitons évoquer (même si les autres sont aussi de grande importance)
- le lancement de la construction dans un premier temps de 6 EPR2 prévus deux par deux à Penly (Seine-Maritime), Gravelines (Nord) et Bugey (Ain).
- le choix de 4 autres sites pour 8 EPR2 supplémentaires.
Notre propos n’est pas ici de rappeler en détail les raisons qui font que ce projet est totalement insensé, sans même évoquer les risques pourtant dramatiques de catastrophes nucléaires et la production irresponsable de déchets radioactifs pour lesquelles il n’existe aucune solution (rappel : creuser un grand trou, y mettre les déchets nucléaires et reboucher, comme c’est prévu à Bure dans la Meuse, n’est PAS une solution).
D’autres raisons font qu’aujourd’hui un nouveau programme nucléaire est totalement insensé, et ce sont des raisons industrielles et financières. Ainsi, EDF et son concurrent américain Westinghouse ont démontré leur totale incapacité à construire leurs propres réacteurs (respectivement l’EPR et l’AP1000).
Pour mémoire, les chantiers EPR en Finlande et à Flamanville (Manche) ont été de dramatiques désastres : plus de 15 ans au lieu de 4, plus de 23 milliards de coût contre 3 annoncés au départ. Et la construction actuelle par EDF de deux EPR en Angleterre se déroule sur les mêmes bases, le tout au détriment des contribuables de France. Quels innocents peuvent encore croire aux belles promesses d’EDF qui jure que, cette fois, les chantiers des EPR2 vont se dérouler correctement en temps et en budget ?
Quant à Westinghouse, après avoir annoncé des dizaines d’AP1000 au début des années 2010, elle n’a pu lancer la construction que de deux paires, en Caroline du Sud et en Georgie. Le premier chantier a été abandonné en plein milieu du fait de l’explosion des coûts. Quant aux deux AP1000 de Georgie, ils ont péniblement pu être terminés… avec 7 ans de retard et près de 20 milliards de surcout.
De plus, depuis, une véritable révolution a eu lieu : la part des énergies renouvelables dans la production mondiale d’électricité s’est envolée de façon stupéfiante et atteint déjà 40%. A comparer à ce pauvre nucléaire dont la part s’est effondrée de 17,1% en 2001 à 8,85% en 2025, chute en cours. A cela il faut ajouter l’essor incroyable des technologies de stockage qui auront sous peu fait disparaitre les inconvénients des productions intermittentes.
Qui plus est, le prix de l’électricité renouvelable est désormais si bas qu’il est même parfois négatif (quand il y a « trop » de vent et de soleil) alors que le nucléaire est désormais, de loin et définitivement, la plus ruineuse des productions d’électricité.
Donc, même sans la moindre préoccupation de sûreté (par rapport aux risques de catastrophes et aux déchets radioactifs), il est désormais clair que c’est une très lourde faute que de dépenser dans le nucléaire le moindre euro… et plus encore des dizaines de milliards d’euros !
Il serait cependant très naïf d’attendre de Macron et de ses sbires qu’ils soient pris d’une subite dignité et acceptent de ne pas prendre les décisions qui, de toute évidence, doivent relever de la majorité qui sera en place après les élections nationales de 2027.
Heureusement, on ne construit pas des réacteurs nucléaires en claquant des doigts et il sera largement temps, dès la mi-2027, d’annuler la plupart des décisions malhonnêtes prises par les macroniens.
Encore faut-il que soit en place un gouvernement au service de la population, et donc défavorable au nucléaire, à savoir un gouvernement mené par LFI sous la houlette du président Mélenchon.
Dans les autres cas, EDF et la France seront menés à la faillite par la poursuite du programme nucléaire :
- le nucléaire étant à l’énergie ce que le fascisme est à la politique, le RN et Mme Le Pen sont totalement favorables à cette énergie ultra centralisée et ultra dangereuses (ce qui permet de « justifier » la surveillance et la répression des opposants).
- le favori de la majorité des médias pour l’élection présidentielle est Edouard Philippe, totalement acquis à l’industrie nucléaire… vu qu’il en provient directement : il est l’ancien bras droit d’Anne Lauvergeon à la tête d’Areva, prétendu « géant du nucléaire » que ces deux imposteurs ont mené à la faillite, laissant aux citoyens de France des milliards de déficit à combler et des affaires de corruption jamais élucidées.
Il est d’ailleurs stupéfiant que, malgré les accusations portées dès 2017 par l’Observatoire du nucléaire (*), personne ne sache encore quelles étaient les activités réelles de M. Philippe à Areva. En fait, il était probablement (et secrètement bien sûr) en charge de la corruption auprès des dirigeants de pays susceptibles d’acheter des EPR à Mme Lauvergeon, ce qui n’a d’ailleurs pas fonctionné (**).
Pendant que nous dissertons, et avant même que la macronie finissante et pourrissante ne confirme officiellement le projet de construction de 14 EPR2, la direction tout aussi pourrissante d’EDF a d’ores et déjà engagé les travaux de terrassement à Penly et Gravelines (ce qui est cher mais pas très grave) mais aussi lancé des appels d’offre et commandes auprès de nombreux fournisseurs et sous-traitants pour essayer de rendre le processus irréversible.
L’actuel PDG d’EDF, Bernard Fontana, est en cela le bien le « digne » successeur du mythique Marcel Boiteux qui avait déjà dans les années 70 mis en place une « Blitzkrieg nucléaire », à savoir lancer de toute urgence le maximum de chantiers de construction de réacteurs avant que la situation politique ne puisse les remettre en cause.
C’est aussi ce cher Boiteux qui, suite aux fusions de cœurs de réacteurs à la centrale de Saint-Laurent-les Eaux en 1969 et 1980, avait donné l’ordre de commettre un véritable crime, à savoir de se débarrasser du plutonium… dans la Loire, expliquant tranquillement en 2015 dans le documentaire « Nucléaire, la politique du mensonge » que, somme toute, « il fallait bien le mettre quelque part ce plutonium« .
(*) https://www.observatoire-du-nucleaire.org/?p=282 et https://actu.fr/normandie/le-havre_76351/edouard-philippe-ancien-areva-soupconne-conflit-interet-observatoire-nucleaire_2388560.html
Stéphane Lhomme
Directeur de l’Observatoire du nucléaire
Marcel Boiteux, centenaire, n’a jamais été poursuivi en justice malgré la plainte déposée par l’Observatoire du nucléaire (***). Il est par contre possible, et nécessaire, que MM Macron, Philippe, Lecornu, Fontana et cie, sans oublier Mme Lauvergeon, soient poursuivis et, à minima, condamnés à rembourser personnellement (et non avec l’argent public comme ils ont l’habitude de faire) les milliards qu’ils ont littéralement volés aux citoyens de France pour les offrir à la mafia de l’industrie nucléaire…
Le gouvernement macrono-lecornuesque entend valider avant la fin de l’année 2026 :
(**) Les 3 EPR vendus par Areva (un à la Finlande, deux à la Chine) ont en réalité été bradés, quasiment offerts pour « amorcer la pompe » et motiver ainsi d’autres pays à suivre le mouvement… ce que personne n’a fait !

Directeur de l’Observatoire du nucléaire, animateur du site refus.linky.gazpar.free.fr

Commentaires récents