Depuis 48 heures, tous les médias ne parlent que des «pillages» pour éclipser la mobilisation historique du 17 octobre. Cette journée a réuni au moins un million de personnes dans les rues, avec un courage et une détermination folle, de manière totalement auto-organisée. Jamais un mouvement n’avait explosé aussi fort, jamais la propagande n’avait été aussi acharnée.
Évidemment, ces médias n’interrogent même pas les causes sociales qui poussent de plus en plus de gens à se servir dans les magasins dès qu’ils en ont l’occasion, soit parce qu’ils ne peuvent plus s’offrir ces biens, soit parce que la société néolibérale a tellement érigé la consommation en nouvelle religion qu’il est devenu logique de se réapproprier des produits ostentatoires lors de révoltes. Cette pratique est massive depuis longtemps aux États-Unis, et elle augmente aussi en France à mesure que la société s’américanise.
Les éditorialistes parlent de «pillards opportunistes» qu’il faudrait mettre hors d’état de nuire. Or, plusieurs vidéos prises le 17 octobre montrent des «pillards opportunistes» qui portent un uniforme, sont armés et payés par l’État, et se servent allègrement dans les boutiques cassées lors des affrontements. Ils sont pourtant mieux payés qu’une large partie de la population.
Quand on voit l’extrême sévérité de la justice envers les manifestants accusés d’avoir volé quelques biens matériels, on peut se demander le sort réservé à ces agents qui pillent sur leur temps de travail.

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