Luttes sociales, Répression, Violences policières

«Colère et honte», a martelé Macron dimanche soir pour évoquer la journée du 17 octobre. Il ne parle pas des violences de sa police, mais des dégradations matérielles, pourtant provoquées par sa politique et son mépris. Dans tous les médias, les éditorialistes considèrent même que le maintien de l’ordre a été trop doux. Le bilan provisoire que nous avons établi ressemble pourtant à celui d’une dictature.
- Strasbourg : un homme de 27 ans a été visé par le tir de LBD d’un CRS en plein visage. Un témoin raconte : «L’ambiance était calme. On s’est mis à aider les restaurateurs de la place à ranger leurs tables, car on sentait que la manif arrivait. Et c’est là que j’ai entendu le tir. Puis quelqu’un a crié : il a perdu un œil». Un autre explique : «Il se l’est pris à bout portant, à 5 mètres». Le jeune manifestant a perdu son œil.
- Mulhouse : une adolescente a aussi été éborgnée, alors qu’elle ne faisait même pas partie de la manifestation. Âgée de 17 ans, elle allait manger un kebab avec des amies lorsque la manifestation est passée à proximité. La police a tiré, elle a reçu un projectile dans l’œil, provoquant «un enfoncement du plancher orbital» et la perte définitive de son œil gauche.
- Saint-Nazaire : un homme portant un Gilet jaune a été gravement blessé à l’œil par un tir de LBD. D’après les images et sources que nous avons pu constater, ce manifestant a été visé alors que la manifestation allait bloquer le pont de la ville. Une photo montre une plaie saignante au niveau de l’œil avec un impact marqué. Aucune information complémentaire n’a été communiquée, mais la police confirme des tirs de balles en caoutchouc.
- Clermont-Ferrand : un tir en pleine tête. La scène est racontée à la presse par Léa, qui a vu des manifestants ramasser des restes de grenades lacrymogènes et les envoyer vers les CRS. C’est à ce moment-là qu’un homme est touché au visage par le tir de LBD, et «qu’il s’est écroulé sur le sol». La jeune femme, choquée, dit : «J’ai cru qu’il était mort sincèrement. Il est tombé directement, KO technique. C’était super violent et disproportionné, pour un bout de plastique». Qu’est devenu cet homme, qui a au minimum un traumatisme crânien sévère ?
- Saint-Étienne : les vidéos sont atroces, et montrent la main d’un manifestant totalement arrachée par une grenade explosive de la police. La victime est un adolescent de 17 ans seulement, jeune travailleur. Il a été transporté en urgence absolue à l’hôpital.
- Un mort à Paris : les autorités sont très discrètes depuis samedi, alors qu’il est confirmé qu’un manifestant est décédée d’un «arrêt cardiorespiratoire». Des termes particulièrement flous, qui ne signifient rien d’autre que le décès, sans en clarifier les causes. Il a été évacué inconscient Boulevard Magenta, près de la Place de la République, où la répression était particulièrement violente et l’air massivement saturé de lacrymogène. La victime serait un médic, un soignant volontaire au sein de la manifestation.
- Sur la même place, des vidéos montrent un autre médic frappé par des policiers, puis son corps totalement inanimé emporté par des agents. Est-ce le médic décédé ? Aucune information n’a été donnée à ce sujet pour le moment.
- Ailleurs, des vidéos montrent d’innombrables violences policières et blessures : tirs de grenades explosives à hauteur de tête, matraquages sauvages, grenades en tirs tendus, balles en caoutchouc… Mais la situation est encore tellement confuse qu’il est impossible d’avoir un nombre exact de victimes, probablement des centaines.
- Sur le plan judiciaire, il y a eu 2.300 arrestations pour la seule journée du 17 octobre, ce qui est absolument énorme. 855 personnes ont été arrêtées rien qu’à Paris, un record absolu. Pour l’acte 4 des Gilets jaunes en décembre 2018, le jour avec le plus d’interpellations du mouvement, où le gouvernement avait réclamé du chiffre et déployé 120.000 policiers, autour de 2.000 personnes avaient été arrêtées en France. Ce qui était à l’époque du jamais vu.
Même avec ce bilan provisoire, nous sommes donc déjà sur des chiffres de régimes autoritaires : deux mineurs mutilés à vie, des manifestants qui ont frôlé la mort, un décès très trouble et des arrestations de masse. Voilà ce qui devrait être un sujet pour les plateaux télé. Au lieu de cela, c’est l’inverse : dans le monde parallèle les médias d’extrême droite, on croirait même qu’il n’y a pas eu de répression.
https://contre-attaque.net/2026/10/19/repression-du-17-octobre-un-bilan-terrifiant/

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