
● Gaza● Génocide● Israël
Un an après le « cessez-le-feu » du 10 octobre 2025, censé mettre fin à la guerre génocidaire menée par Israël contre la bande de Gaza en échange de la libération des otages israéliens, l’enclave a quitté les radars médiatiques. Comme si la situation y restait « difficile », mais que la « guerre » était terminée. Or témoignages et rapports l’établissent sans ambiguïté : le génocide se poursuit, et Israël continue de rayer de la carte la bande de Gaza et sa population.
« [Israël] poursuit son génocide : l’espace dans lequel les populations peuvent vivre se réduit inexorablement, tandis que les conditions nécessaires à leur survie sont systématiquement détruites par la poursuite des violences, le blocus délibéré des approvisionnements essentiels et la destruction des services de santé et des infrastructures vitales » : ainsi s’exprimait Médecins sans frontières (MSF) dans un communiqué publié le 5 octobre, dans lequel l’ONG ajoutait « [qu’]alors qu’Israël confine les Palestiniens dans des zones de plus en plus restreintes, les familles sont contraintes de vivre dans des conditions de surpeuplement et d’insalubrité, sans accès suffisant à l’eau potable, aux services d’assainissement, à des abris ou aux soins de santé. » Des déclarations alarmantes qui viennent confirmer tout ce que les témoins directs, ONG et agences internationales n’ont cessé de documenter.
Des morts et des blessés par milliers, une population sans abri
Les chiffres du bilan humain confirment en effet que le massacre continue : depuis le « cessez-le-feu » d’octobre 2025, ce sont ainsi, d’après les chiffres publiés le 2 octobre par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), au moins 1431 personnes qui ont été directement tuées par l’armée israélienne dans l’enclave — et plus de 5000 blessées ; soit, à titre de comparaison, un chiffre supérieur au nombre total de victimes israéliennes lors des attaques meurtrières du 7 octobre 2023, dont la date anniversaire vient d’être commémorée avec une légitime gravité. Début août, l’Unicef précisait en outre qu’au moins 300 enfants avaient été assassinés depuis le « cessez-le-feu », soit un par jour en moyenne, affirmant « [qu’]avec des centaines d’autres enfants blessés, dont beaucoup gravement, les enfants de Gaza attendent toujours la fin des violences qui leur avait été promise. »
En ce qui concerne les conditions de « vie » à Gaza, les chiffres sont là encore fort éloquents et viennent confirmer les sidérantes images mises en ligne par Google Earth fin septembre : d’après un rapport de l’OCHA publié le 25 septembre 2026, « 94% de la population [de Gaza] a toujours le besoin urgent d’un abri et d’une aide pour les besoins domestiques de base, et 65% des foyers continuent de vivre dans des tentes et des abris de fortune qui n’offrent pratiquement aucune protection contre les intempéries » ; début août, l’OCHA établissait que 201 290 bâtiments, soit 82% des structures bâties à Gaza, étaient totalement (134 422) ou partiellement (66 868) détruits ; le chiffre de 68 millions de tonnes de gravats est avancé — soit, dans un territoire de 365 km2, une masse supérieure à celle de l’ensemble des voitures en circulation en France.
Des milliers de structures endommagées par les bombardements israéliens menacent en outre de s’effondrer sur celles et ceux qui, parmi les 1,7 million de (toujours) déplacés, y ont trouvé refuge, à l’instar de ce qui s’est produit dans la nuit du 15 au 16 septembre avec l’écroulement d’un immeuble occupé par une centaine de personnes et la mort de 21 d’entre elles, dont 12 enfants. La Défense civile de Gaza estime à 2000 le nombre de bâtiments dangereux de ce type, l’OCHA parlant de son côté de plus de 4000 structures — parmi lesquelles 2300 sont « habitées » par 44 000 personnes. Des constructions qu’il faudrait pourtant, d’après les équipes de l’ONU, détruire partiellement ou totalement pour des raisons de sécurité, mais encore faudrait-il en avoir les moyens, ainsi que le rappelait France Inter : « Face à l’ampleur du désastre, l’ONU demande la livraison urgente de machines lourdes à Gaza. Du matériel qu’Israël refuse toujours de faire rentrer. »
Une crise alimentaire toujours en cours et qui pourrait s’aggraver
Sur le plan de l’alimentation, les données sont là encore alarmantes et, loin de s’améliorer, la situation est en réalité en train de se détériorer : d’après les chiffres de l’Integrated Food Security Phase Classification (IPC), plus de 1,2 million de personnes (59% de la population) étaient en situation de « crise », d’« urgence » ou de « catastrophe »alimentaire entre mi-avril et fin juin ; et pour la période juillet–décembre, l’IPC prévoit une aggravation, avec 1,4 million de personnes (67%) en situation de « crise », d’« urgence » ou de « catastrophe »alimentaire. Des chiffres qui doivent, il faut y insister, être compris dans un contexte où les ONG et les agences humanitaires jouent un rôle central mais précaire dans l’acheminement et la distribution de la nourriture, ainsi que le souligne l’IPC : « La couverture des besoins en aide humanitaire a diminué depuis février 2026, et toute nouvelle réduction pourrait rapidement entraîner une forte dégradation de la situation alors que les moyens de subsistance et les mécanismes d’adaptation [de la population] sont épuisés. »
Début octobre, l’OCHA expliquait que 25 de ses partenaires « préparent 695 000 repas chaque jour dans 103 cuisines, acheminés vers 1145 lieux de distribution ». Un rôle tout aussi central est joué par les agences et les ONG pour la production de pain : « Environ 90 000 sachets de pain de deux kilos sont produits chaque jour par 22 boulangeries soutenues financièrement par des partenaires à Gaza. […] En outre, dans le cadre du modèle de production dit « fuel-only« , 18 boulangeries privées reçoivent gratuitement du carburant de la part de partenaires humanitaires afin de produire et de vendre du pain à la population. » Pour un total d’environ 250 tonnes de pain produites chaque jour, soit une quantité très en deçà des besoins pour l’ensemble de la bande de Gaza, qui compte plus de 2,1 millions d’habitants — en quasi-totalité dénutris.
Une population d’autant plus dépendante de l’aide humanitaire qu’elle n’a, dans sa très grande majorité, aucun revenu, ainsi que le soulignait, cet été, le Programme alimentaire mondial : « Les sources de revenus se sont taries, les infrastructures ont été détruites et le taux de chômage reste supérieur à 80%, laissant la plupart des habitants sans moyens d’acheter les denrées alimentaires qui peuvent être disponibles sur les marchés. Les habitants de Gaza continuent de vivre dans des conditions extrêmement difficiles, même si la situation ne fait plus chaque jour la une de nos journaux télévisés ou de la presse. » La dépendance et la précarité sont d’autant plus fortes que le problème n’est pas qu’à Gaza on produise un peu mais pas suffisamment : à Gaza, on ne produit plus rien, et l’on est nourri de l’extérieur en fonction du bon vouloir de l’État d’Israël.
Deux millions de personnes avec moins de neuf litres d’eau potable par jour
D’après les chiffres d’août 2026, près de 100% des habitants de Gaza sont de surcroît toujours confrontés à l’insécurité hydrique, avec 1,3 million de personnes ayant accès à moins de six litres d’eau potable par jour et 700 000 autres ayant accès à moins de neuf litres par jour. Rappelons que, dans nos usages quotidiens, six litres d’eau représentent, au choix : une douche de 30 secondes, la moitié d’une vaisselle individuelle à la main, une petite chasse d’eau ou deux lavages de mains — à condition toutefois de ne pas boire les 1,5 à 2 litres d’eau recommandés, chaque jour, pour un adulte. Et soulignons, pour mémoire, que le minimum vital d’eau potable par personne est estimé par l’OMS à 20 litres par jour, le minimum décent à 50 litres et le minimum de confort à 100 litres ; un Français en consomme en moyenne 150 litres et un Israélien 247 litres.
Là encore, cet accès moins que minimal à l’eau potable repose largement sur l’acheminement et la distribution via les ONG et les agences, ainsi que le rapporte l’OCHA : « L’approvisionnement en eau par camions-citernes demeure une bouée de sauvetage essentielle : 68 organisations continuent de fournir en moyenne 24 995 mètres cubes d’eau potable par jour (1), à travers 3199 points de collecte. Selon le Cluster WASH [groupe de coordination humanitaire consacré à l’eau, l’assainissement et l’hygiène, nda], 74% de la population dépend actuellement de l’eau potable acheminée par camion-citerne. » Dans un rapport publié en août, l’Unicef estimait ainsi qu’elle contribuait à fournir de l’eau potable à un million de personnes, dont 470 000 enfants, grâce aux camions-citernes mais aussi via le soutien à la réparation d’usines de dessalement et de puits.
Gaza est ainsi loin d’être autosuffisante en eau et cette perspective est fort lointaine, « en raison de financements insuffisants et de restrictions à l’entrée de fournitures essentielles, notamment d’huile moteur, de pièces détachées et d’équipements électromécaniques. Ces pénuries ont largement immobilisé les véhicules et les engins utilisés pour la collecte et le transfert des déchets solides, contraignant les services à recourir principalement à des charrettes tirées par des ânes et aux camions des Nations unies. » Comme pour la nourriture, la tendance est même à la dégradation, ainsi que le soulignait l’ONU début octobre : « La production d’eau des deux usines de dessalement du sud de Gaza est tombée à son niveau le plus bas, faute de pièces détachées et d’équipements. Cette situation fait craindre une aggravation des difficultés d’approvisionnement en eau potable pour quelque 500 000 habitants de Deir al-Balah et de Khan Younès. »
Un système de santé toujours délabré, des soignants impuissants
Les Gazaouis sont ainsi contraints d’utiliser une eau souillée dont la qualité déplorable continue de se dégrader en raison du rejet massif d’eaux usées non traitées, ainsi que l’indiquait l’OCHA début septembre : « Les six stations de traitement des eaux usées sont actuellement hors service et 70% des stations de pompage ne fonctionnent plus. Plus de 150 000 m3 d’eaux usées non traitées sont ainsi rejetés chaque jour dans l’environnement, ce qui accroît les risques pour la santé publique et le risque de contamination supplémentaire de l’eau. » Au même moment, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) évoquait un triplement, en six mois, des taux de contamination microbiologique, et constatait que « le nombre de cas de diarrhée aqueuse aiguë a presque doublé, passant d’environ 30 000 cas en mars à plus de 58 000 en août. » L’OCHA soulignait de son côté que « les cas d’impétigo, une infection cutanée bactérienne très contagieuse touchant principalement les jeunes enfants, continuent d’augmenter, avec un total de 45 190 cas signalés entre le 2 août et le 12 septembre. »
Le tout au sein d’un système de santé en état de sous-fonctionnement chronique, ainsi que le rappelait, fin septembre, le directeur général de l’OMS : « Le système de santé reste soumis à une pression extrême. Seuls 19 des 36 hôpitaux de Gaza fonctionnent encore, même partiellement, et aucun ne fonctionne à pleine capacité. Les médicaments essentiels, les moyens de diagnostic, les équipements médicaux et le carburant sont toujours en situation de pénurie critique. En conséquence, des patients atteints de cancer ne peuvent pas recevoir leur traitement, tandis que des personnes souffrant de maladies rénales ne peuvent pas accéder régulièrement à la dialyse. Les mères et les nouveaux-nés sont exposés à des risques accrus, car les établissements de santé manquent de médicaments, d’équipements et de personnel spécialisé. Des milliers de personnes ont subi des amputations et des blessures entraînant des séquelles à vie. Mais seule une faible proportion d’entre elles a pu bénéficier de soins prothétiques, tandis que les services de réadaptation restent extrêmement limités. »
Puis de rappeler que plus de 920 attaques avaient été perpétrées, en trois ans, contre les structures et les personnels de santé, avec 1700 morts parmi ces derniers, et de formuler un certain nombre de demandes, implicitement adressées à l’État d’Israël en raison des restrictions qu’il continue d’imposer : « Depuis octobre 2023, environ 12 400 patients ont été évacués de Gaza pour recevoir des soins médicaux. Mais des dizaines de milliers d’autres ont toujours besoin de soins spécialisés qui ne sont pas disponibles sur place. L’OMS appelle à la mise en place rapide, durable et sans entrave d’un accès humanitaire. Elle demande que les médicaments et équipements médicaux puissent parvenir à ceux qui en ont besoin. Elle appelle également à réhabiliter les établissements de santé ». Pour les Gazaouis, dont plus de la moitié auraient en outre, d’après l’OMS, un besoin urgent de soins de santé mentale, c’est en effet la double peine : les restrictions qui favorisent la dégradation de leur état de santé sont, pour une large partie d’entre elles, les mêmes qui les empêchent de pouvoir être soignés.
La destruction intentionnelle des conditions de survie : un critère du crime de génocide
Dans tous les domaines évoqués ici et dans bien d’autres, l’interminable agonie de la population de Gaza n’est en effet nullement le produit des effets différés d’une « guerre » ou encore moins d’une « catastrophe naturelle », mais bien la conséquence des politiques concrètes — et actuelles — de l’État d’Israël : la bande de Gaza est assiégée et coupée du monde, les camions d’aide s’entassent aux entrées de Gaza et les produits et équipements entrent au compte-gouttes — quand ils ne demeurent pas bloqués. Dans le même temps, l’armée israélienne étend son emprise territoriale à l’intérieur de l’enclave, avec un contrôle absolu sur une superficie représentant désormais les deux tiers du territoire (contre 53% lors du « cessez-le-feu ») et ne cessant de croître, réduisant chaque jour l’espace dans lequel la population est cantonnée. Autrement dit : si l’enfer se poursuit à Gaza, ce n’est pas parce qu’un conflit a eu lieu mais bien parce qu’une politique génocidaire est toujours en cours.
N’en déplaise à Bernard-Henri Lévy, auteur le 5 octobre d’une chronique sobrement titrée « Il n’y a pas de génocide à Gaza », il s’avère en effet que, parmi les cinq actes présents dans la Convention de 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide, se trouve la « soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle », qui peut suffire à elle seule à caractériser la commission d’un génocide (2). Soit très exactement ce que fait l’État d’Israël qui, en interdisant ou en limitant drastiquement, malgré les demandes et les alertes répétées des ONG et des agences, l’entrée des matériaux et engins de construction, d’un certain nombre de médicaments et autres fournitures médicales, de produits d’hygiène et d’assainissement, etc., détruit intentionnellement, et en connaissance de cause, les conditions nécessaires à la survie des Palestiniens et Palestiniennes de Gaza.
Le tout avec un cynisme assumé, qu’illustrent par exemple les restrictions imposées par l’État d’Israël sur l’entrée des produits qu’il considère comme étant « à double usage », autrement dit ceux destinés à un usage civil mais susceptibles, selon les critères israéliens, d’être également utilisés à des fins militaires. En mars 2026, l’OCHA signalait ainsi que « les restrictions maintenues sur l’entrée des fournitures humanitaires, en particulier celles classées comme « à double usage », continuent d’entraver l’entrée d’équipements médicaux essentiels, tels que les échographes, les incubateurs, les respirateurs artificiels et les unités mobiles de maternité. » En septembre, on apprenait en outre que « cela fait plus de deux ans que l’OMS n’est pas autorisée à acheminer [à Gaza] des prothèses et du matériel de réadaptation », tandis qu’en juin l’OCHA indiquait que 160 appareils destinés à la réadaptation et la rééducation des blessés, notamment les amputés, avaient été bloqués par Israël au motif que « les équipements de fitness ne sont pas conformes aux politiques humanitaires. [sic] »
L’hiver vient
« À l’approche de la saison des pluies, les acteurs humanitaires sont de plus en plus préoccupés par le risque accru d’inondations et par la poursuite de la dégradation des conditions de vie dans l’ensemble de la bande de Gaza. Des mesures urgentes de prévention et de réduction des risques sont nécessaires pour protéger les populations vulnérables, les infrastructures essentielles et les services indispensables contre les conséquences attendues des pluies saisonnières » : ainsi s’exprimait l’OCHA début septembre, avant de préciser en octobre que « le Site Management Cluster (SMC) a évalué plus de 400 sites accueillant des personnes déplacées dans l’ensemble de la bande de Gaza [sur un total de près de 1000 et en a identifié 217 comme présentant un risque moyen à élevé d’inondation. Ces sites accueillent au total environ 235 000 personnes. »
Le 5 octobre, le Norwegian Refugee Council (NRC) alertait lui aussi sur les risques à venir, liés à la pluie et au froid, et sur le fait que l’entrée de l’ensemble des matériaux pour renforcer les abris pourrait prendre plus de sept mois : « Les autorités israéliennes continuent d’empêcher l’entrée de matériaux nécessaires à la réparation et à la construction d’abris plus résistants, notamment le bois, le ciment et les tôles, [alors que] les deux tiers de la population de Gaza vivent sous des tentes ou dans des abris de fortune construits avec des matériaux qui se détériorent au bout de quelques mois seulement. » Le NRC estime ainsi que 1,65 million de Gazaouis risquent de passer un quatrième hiver dans des tentes usées ou des bâtiments endommagés, exposés à la pluie et au froid, et qu’au total environ 950 000 personnes vivent dans des sites présentant un risque « moyen ou élevé » d’inondation. Durant l’hiver 2025-2026, une étude dirigée par le NRC avait établi que 71% des ménages avaient été directement touchés par les inondations, lesquelles favorisent en outre, en raison des faibles capacités de drainage, le mélange des eaux de pluie et des eaux usées et, par conséquent, la contamination des nappes et des puits et la propagation de maladies.
Le pire est donc probablement à venir, alors que l’ensemble des rapports cités ici sont publics, de même qu’est public le document de 94 pages publié en juin par une commission d’enquête internationale mandatée par l’ONU, dans lequel on peut lire entre autres que « les autorités israéliennes et les forces de sécurité israéliennes ont commis et continuent de commettre, dans la bande de Gaza, quatre catégories d’actes constitutifs du crime de génocide, avec l’intention spécifique de détruire, en tout ou en partie, le groupe palestinien en tant que tel. » Une politique criminelle qui a fait en trois ans, selon les données du ministère de la Santé de Gaza que plus personne ne conteste aujourd’hui, au moins 74 000 morts, un chiffre sans doute très en deçà de la réalité si l’on additionne aux morts directes les morts indirectes, comme l’expliquait The Lancet dès juillet 2024. Ainsi, si Gaza est toujours fermée aux médias internationaux, une interdiction maintenue qui en dit long même si elle ne semble plus émouvoir grand-monde, les rapports abondamment documentés sont là, qui soulignent d’autant plus la complicité passive ou active de tous ceux qui, gouvernements, responsables politiques et intellectuels, continuent de refuser de nommer l’horreur et d’agir concrètement pour qu’elle cesse enfin.
Notes
(1) Soit 25 millions de litres d’eau par jour, autrement dit l’équivalent de 12 litres par habitant. Mais l’eau ainsi acheminée n’est pas uniquement destinée à être en accès « direct » pour la population puisqu’elle a de multiples autres usages (fonctionnement des cuisines, préparation du pain, usages sanitaires, etc.).
(2) Selon les termes de la Convention de 1948, les cinq actes constitutifs du crime de génocide sont : le meurtre de membres du groupe ; l’atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe ; la soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle ; les mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe ; le transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe. La commission d’un seul de ces actes de manière intentionnelle peut être constitutive du crime de génocide.
Documents cités (ordre antéchronologique)
– Médecins sans frontières, « Three years on, Israel is asphyxiating Gaza and dismantling the means of survival », 5 octobre 2026.
– Norwegian Refugee Council, « Gaza: Israeli restrictions mean entry of winter shelter materials will take over seven months », 5 octobre 2026.
– OCHA, « Humanitarian Situation Report | 2 October 2026 », 5 octobre 2026.
– OCHA, « Humanitarian Situation Report | 25 September 2026 », 28 septembre 2026.
– OMS, « WHO Director-General’s remarks at the UNGA side event: Humanitarian access and Health in Gaza – Ministerial Roundtable », 24 septembre 2026.
– OCHA, « Humanitarian Situation Report | 18 September 2026 », 21 septembre 2026.
– OMS, « HeRAMS occupied Palestinian territory: Gaza infographics August 2026 », 13 septembre 2026.
– OCHA, « Humanitarian Situation Report | 4 September 2026 », 8 septembre 2026.
– OMS, « Allocution liminaire du Directeur général de l’OMS lors du point presse », 2 septembre 2026.
– Norwegian Refugee Council (NRC), « Gaza: 94 per cent of households in need of shelter aid », 20 août 2026.
– OCHA, « Gaza: Critical water shortages threaten public health », 11 août 2026.
– Unicef, « State of Palestine Humanitarian Situation Report n°48 (Mid-Year), 30 June 2026 », 8 août 2026.
– OCHA, « Humanitarian Situation Report | 7 August 2026 », 7 août 2026.
– Unicef, « At least 300 children reportedly killed in Gaza in past 300 days », 6 août 2026.
– ONU, « UN Geneva Press Briefing: WHO, UNHCR, WFP, IFRC, OHCHR, UN WOMEN », 24 juillet 2026.
— Integrated Food Security Phase Classification (IPC), « Gaza Strip: Acute Food Insecurity Situation for 16 April — 30 June 2026 and Projection for 1 July – 31 December 2026 », 23 juillet 2026.
– OCHA, « Humanitarian Situation Report | 26 June 2026 », 26 juin 2026.
– Independent International Commission of Inquiry on the Occupied Palestinian Territory, including East Jerusalem, and Israel, « « The essence of childhood has been destroyed »: Israel’s deliberate targeting of Palestinian children in the Occupied Palestinian Territory since 7 October 2023 », 18 juin 2026.
– ONU, « WHO/Gaza: Emergency Medical Teams (EMTs) – January – April 2026 », 29 mai 2026.
– OCHA, « Humanitarian Situation Report | 6 March 2026 », 6 mars 2026.
– ONU, « Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide », 8 décembre 1948.
Crédits photo/illustration en haut de page :
Margaux Simon

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