État d’urgence, Luttes sociales, Maintien de l’ordre
Nous sommes en train de vivre la plus grave répression contre la jeunesse de l’histoire de France, mais aussi de tout l’occident. Nous voici au terminus du régime : le gouvernement Macron nous a emporté au seuil du fascisme. Désormais, c’est lui ou nous.

Mardi 6 octobre, après une journée magnifique de mobilisation de la jeunesse, les autorités annonçaient que 488 personnes supplémentaires avaient été interpellées. La veille, elles en revendiquaient 984. Il y avait déjà eu 5.000 arrestations de jeunes la semaine dernière, dont 1.747 vendredi 2 octobre et 1.949 la veille. Les commissariats et les tribunaux sont désormais engorgés par des adolescents qui ont pour seul tort de demander un meilleur avenir. Un procureur reconnaissait sur BFM : «On a mis en stand by tout une série de procédures dans les parquet pour mineurs» notamment «les procédures de violences sexuelles sur mineurs». Autrement dit, notre gouvernement préfère littéralement chasser les enfants que les pédocriminels.
Ces chiffres dessinent une répression inédite, comme le relève l’historien Vincent Lemire, chiffres à l’appui. Lors de l’insurrection des Gilets jaunes, il y avait eu 6.730 gardes à vue, un bilan déjà ahurissant, mais sur une période allant de l’automne 2018 à l’automne 2019. Et cela concernait majoritairement des adultes. Durant le grand mouvement contre la Loi travail en 2016, qui avait duré plusieurs mois : 890 gardes à vue. En 2006, lors du mouvement anti-CPE, qui avait mobilisé des millions de personnes pendant tout un printemps, moins de 2.000 gardes à vue. Même en comparaison des révoltes de banlieues, durant lesquelles la police déchaîne sa brutalité, le record est battu. En 2005, lors des grandes émeutes qui avaient consumé tout le pays pendant un mois : 4.500 gardes à vue dont 950 mineurs. Après la mort de Nahel, il y avait eu 3.243 interpellations en une semaine d’émeutes.
Il ne s’agit pas d’insinuer que ces épisodes n’ont pas été durement matés, mais de montrer à quel point nous franchissons un nouveau seuil. Et si l’on regarde les mouvements sociaux datant d’avant le néolibéralisme autoritaire, l’État policier actuel saute aux yeux : contre la loi Devaquet, l’immense mouvement étudiant de 1986, 150 gardes à vue, alors qu’il y avait d’importants affrontements et que c’était Charles Pasqua, considéré comme de droite extrême, aux commandes. En Mai 1968, il y avait eu des centaines d’arrestations, mais seulement 95 gardes à vue, alors que la situation était insurrectionnelle et les dégâts colossaux. Quand les boomers considèrent que la répression actuelle est «justifiée», ils oublient que s’il y avait eu les mêmes doctrines, il y aurait eu des centaines de tués par la police en 68. Il y a déjà eu 50 fois plus d’arrestations en 10 jours en France que durant tout Mai 68 !
Si l’on regarde à l’international, c’est le même constat : le déchaînement actuel est unique en occident, même dans les pays d’extrême droite. Ni Trump, ni Meloni, ni Viktor Orban n’ont autant arrêté la jeunesse. La journaliste Camille Stineau a recensé les épisodes les plus tendus des dernières années pour avoir des éléments de comparaison. En Allemagne, lors du sommet du G20 à Hambourg en 2017, il y avait 411 interpellations en 4 jours d’affrontements très durs et beaucoup de dégâts. Au Canada, en 2010 lors des manifestations contre le G20 de Toronto, il y a eu 1.118 arrestations en 3 jours d’actions directes. En Italie en 2001, lors du G8 de Gênes, il y a eu 280 arrestations en trois jours de confrontations, et cet épisode a traumatisé une génération entière de militants.
Le seul chiffre à peu près comparable, ce sont les émeutes aux USA après la mort de George Floyd aux USA : 9.300 arrestations en dix jours, alors que la situation était insurrectionnelle. Mais les USA sont 6 fois plus peuplés que la France, et ces arrestations visaient majoritairement des adultes. Pour trouver un équivalent à l’autoritarisme de Macron vis-à-vis de la jeunesse, il faut désormais se tourner vers la Russie, l’Iran ou la Chine.
Plus de 6.500 adolescents apprennent donc l’engagement politique et démarrent leurs vies d’adultes par des arrestations violentes, des bancs de garde à vue puants, des humiliations, et garderont pour longtemps une rage légitime contre la police.
Les consignes du pouvoir jouaient à quitte ou double : soit cela stoppait le mouvement, soit cela enflammait le pays. On peut désormais affirmer que l’objectif de terrifier la jeunesse a échoué. La mobilisation est même en train de gagner en intensité et de toucher plus de secteurs et d’établissements. La colère est immense, et le courage de la Gen Z impressionnant. Cette fois-ci, le clan de mafieux qui dirige ce pays a peut-être franchi la ligne rouge.

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