
Walter Benjamin, le 11 septembre et la Palestine
Eugénie Mérieau
paru dans lundimatin#533, le 15 septembre 2026
Alors que l’Occident commémore le 25e anniversaire de l’attentat du 11 septembre, la constitutionnaliste Eugénie Mérieau revient en détail et techniquement sur l’état d’urgence global qui en a découlé. En retraçant le lien souterrain qui ramène le philosophe allemand Walter Benjamin à la Palestine d’aujourd’hui, elle met en lumière le véritable état d’exception, soit celui qui fait éclater le continuum de l’Histoire.
« C’est la tradition des opprimés qui nous l’enseigne : « l’état d’exception » dans lequel nous vivons est en vérité la règle. Il nous faut aboutir à un concept d’Histoire qui reflète cette règle. » [1]
[1] Walter Benjamin, Sur le concept d’histoire, 1940, VIIIe…
Si cette huitième thèse sur le concept d’histoire, que Walter Benjamin écrit en 1940 peu avant son suicide face à la catastrophe, revient tant nous hanter aujourd’hui, c’est que le XXIe siècle n’en finit plus de s’acharner à la confirmer : l’exception est le cœur de la structure du « droit global », et le moteur même de sa construction. La résolution 1373 du Conseil de sécurité des Nations unies, dont nous commémorons le 25ᵉ anniversaire le 28 septembre 2026, en offre une démonstration exemplaire – et la Palestine, dont le spectre est en son centre, expose cette structure dans sa nudité nue, avec toute la force et la brutalité d’un génocide en cours.
Le 12 septembre 2001, le Conseil de Sécurité des Nations Unies déclare, par la résolution 1368, la « guerre contre le terrorisme » ; le 28 septembre 2001, par la résolution 1373, il déclare l’état d’exception mondial. Dans cette deuxième résolution, prise comme la première avec la force contraignante du chapitre VII de la Charte de 1945, le Conseil de Sécurité, outrepassant ses compétences, impose aux 193 États-membres l’adoption de législations antiterroristes dérogatoires au droit international des « droits de l’homme », ciblant en particulier immigré-es et réfugié-es.
Se faisant législateur global, il enjoint à tous les États-membres de créer un crime de terrorisme dans leur droit national y compris de « conspiration » aux fins de commettre, d’aider, ou d’offrir un soutien matériel au terrorisme ; d’agir en amont pour empêcher les projets terroristes de prendre forme en recueillant des informations sur les populations et en gelant les avoirs des dits suspects ; de mieux « fermer » les frontières en surveillant, en particulier, les flux de réfugiés et les demandes d’asile.
En d’autres termes, il exige un état d’urgence globalisé excluant, sur un fondement xénophobe, une partie substantielle de la population mondiale de la protection des droits humains offerte par le droit international de l’après-guerre : les musulman-es, auxquel-les est désormais attachée une présomption de terrorisme.
Si cette résolution s’inscrit dans la longue durée coloniale du droit international – la colonialité étant la matrice historique et l’ADN persistant du droit international et de l’ « ordre international libéral » qu’il érige pierre par pierre au fil des vagues de colonisations – elle n’en produit pas moins une rupture avec la période des années 1990 ayant vu triompher le grand récit de la « fin de l’histoire » – la victoire définitive et indépassable de l’État de droit libéral mondial et l’avènement de la paix perpétuelle. En décrétant l’état d’urgence antiterroriste global, 1368 et 1373 dotent les États d’outils pour légitimer, en réactivant presque à l’identique la vieille doctrine médiévale de la « guerre juste », les interventions en Afghanistan, en Irak, en Syrie, en Libye, en Iran, au Liban, mais aussi les refoulements mortels en Méditerranée, les déportations massives vers le Sud, et le génocide à Gaza.
1373 au prisme de Gaza : la colonialité structurelle du droit international
Les résolutions 1368 et 1373 s’interprètent, au prisme de Gaza, comme une tentative d’universalisation de l’état d’exception et de guerre israélien imposé aux Gazaoui-es et plus largement aux Palestinien-nes depuis plus d’un demi-siècle. Trois dispositifs, en particulier, opérationnalisent cette architecture juridique.
En premier lieu, le droit à l’autodéfense consacré par 1368, combiné à la latitude laissée aux États pour désigner eux-mêmes leurs « terroristes », légitime et mondialise la guerre totale d’Israël contre le peuple palestinien. Ensuite, la généralisation par 1373 des pratiques états-unienne et israélienne de constitution de listes d’organisations terroristes, couplée à la validation par le Comité contre le terrorisme des « dérogations » aux droits humains pour celles et ceux figurant sur lesdites listes – gel des avoirs, dissolutions, détentions préventives – institutionnalisent la pratique de l’état d’exception sur les « ennemis de l’intérieur », le modèle canonique étant le membre du Hamas – l’un des premiers actes de l’Union européenne en application de 1373 sera de créer sa propre liste en y inscrivant le Hamas [2]
[2] Position commune 2001/931/PESC du Conseil du…
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Enfin, s’y ajoute la légitimation, par l’instauration d’une suspicion généralisée à l’égard des réfugié·es musulman·es, et du refoulement aux frontières qu’elle implique, à la fois de l’interdiction du droit au retour des Palestinien·nes réfugié·es et de leur refus d’accueil ailleurs. Cette généalogie de l’exclusion post-2001 rejoint celle, plus ancienne, de l’exclusion des demandeurs d’asile palestiniens de la Convention de 1951 sur les réfugiés dans l’immédiat après-guerre.
Certes, à part les États-Unis, aucun État n’est nommé, ni dans 1368 ni dans 1373. Mais l’assimilation du terrorisme à l’islam en constitue le paradigme implicite, et la Palestine en a toujours été l’un des objets privilégiés : du mandat britannique des années 1920 jusqu’aux attaques du 7 octobre 2023, en passant par un moment charnière, les attentats des Jeux olympiques de Munich (1972), qui donnent lieu à la résolution 3034 de l’Assemblée générale [3]
[3] Résolution 3034 (XXVII) de l’Assemblée générale des…
et à un premier Comité ad hoc sur le terrorisme international. Ce comité échoue à définir le terrorisme, mais pose les jalons d’une assimilation du terrorisme au crime absolu sans justification ni exception possible – ni résistance à l’occupation, ni résistance à l’apartheid, ni résistance au génocide – alors même que ces exceptions seront réaffirmées par plusieurs résolutions ultérieures, non contraignantes, de l’Assemblée générale [4]
[4] Par exemple la Résolution 37/43 de l’Assemblée générale…
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Si la question palestinienne se trouve ainsi, sans lien apparent direct, au centre des résolutions 1368 et 1373, c’est parce qu’elle est, pour filer la métaphore biologique, la cellule qui contient tout le code génétique du droit global : son historicité, ses régimes de pouvoir et de vérité.
La Palestine comme miroir du passé et laboratoire du futur
La Palestine contient d’abord l’image du passé de la conquête européenne des Amériques, matrice historique du droit international, où le droit des gens fut inventé pour exproprier, dominer, faire la guerre, génocider – ce que Benjamin nomme la violence fondatrice de droit, laquelle ne se maintient que par sa violence conservatrice, c’est-à-dire la répétition indéfinie du même geste [5]
[5] « Toute violence en tant que moyen fonde le droit ou le…
. La colonisation de la Palestine mobilise les doctrines multiséculaires de cette double-violence : doctrine de la « guerre juste » pour chasser et exterminer les personnes, doctrine de la terra nullius pour confisquer les terres.
Sous l’état d’urgence israélien décrété cinq jours après sa création en 1948, la loi des « présents-absents » de 1950, couplée à la loi de naturalisation de 1952, en offre une allégorie bien réelle : dans un même mouvement, elle inclut dans la citoyenneté israélienne les Palestinien-nes ayant fui la colonisation et les dépossède de leur terre au nom de leur présente « absence ». C’est l’inclusion excluante, ou inclusion dépossédante, matrice du geste colonial reproduit à l’infini.
La Palestine renferme aussi l’image du futur, en tant que laboratoire de processus globaux, à commencer par l’état d’exception et l’apartheid qu’il ingénierie : les technologies israéliennes de l’état d’urgence (normes juridiques d’application différenciée et jurisprudence de la Cour Suprême, mais aussi technologies de la séparation et des camps, du traçage, de la surveillance) y sont testées pour être exportées et mondialisées. A cet égard, la construction, jugée illégale par la Cour internationale de justice, du « mur de séparation » en Cisjordanie en 2002 [6]
[6] Cour internationale de justice, Conséquences juridiques…
est le point de départ d’une vague de constructions similaires à travers le monde, souvent avec des technologies israéliennes.
A cet égard, 1368 et 1373 fonctionnent en quelque sorte comme le trophée de l’état d’exception israélien – sa légitimation rétrospective et prospective, et son universalisme triomphant.
En Palestine, cet état d’exception se décline aujourd’hui sur trois plans. Interne d’abord : camps, murs de séparation, checkpoints, bombes au phosphore blanc, panoptiques, détention administrative indéfinie pour les Palestinien-nes, coexistant avec l’État de droit pour les citoyen-nes juifs-ves d’Israël. International ensuite : suspension de fait du droit international- ordonnances de la Cour internationale de justice non appliquées, résolutions de l’Assemblée générale restées lettre morte, mandats d’arrêt de la Cour pénale internationale ignorés. Extraterritorial enfin : criminalisation, hors de Palestine, de la dénonciation du génocide et de la solidarité avec le peuple palestinien – dissolutions d’associations, interdictions de manifester, déportations d’étudiant·es étranger·es, licenciements- sous l’infraction globale d’apologie du terrorisme, en pleine conformité avec l’esprit de 1373.
Cette triple exception est à la fois la règle, l’exception et le révélateur de la colonialité du droit -international comme interne – et de ses états d’urgence globalisés. L’exception de Gaza révèle en miroir l’exception constitutive de l’ordre international « fondé sur des règles » : le droit international des droits humains ne s’applique qu’entre « civilisés » ; pour les « barbares », exclu-es du standard de civilisation, il ne s’applique pas – ou plutôt, il s’applique par sa suspension même. C’est le geste, à la fois brutal et virtuose, de l’état d’exception au cœur de l’empire du droit.
Mondialisation de l’état d’urgence et récession démocratique mondiale
En appui à la résolution 1373, ses rédacteurs ont produit le manuel du parfait état d’urgence, prêt à l’export : PATRIOT Act, Permanent Authorization of the Use of Force Act, Homeland Security Act aux Etats-Unis, Antiterrorism Crime and Security Act au Royaume-Uni, redécouverte en France de la vieille loi d’état d’urgence héritée de la guerre d’Algérie et ses déclinaisons ultérieures dans le droit commun (loi SILT, loi « séparatisme », loi « JO » etc.). Ces législations créent des dérogations au droit interne, visant en particulier les droits les plus fondamentaux : habeas corpus, liberté de mouvement, droit à la vie privée.
1373 reste la résolution la plus largement et promptement appliquée de tous les temps, avec 191 pays sur 193 soumettant leur rapport d’application de la résolution dans les trois mois, du jamais vu. Et vingt-cinq ans plus tard, ses institutions – Comité contre le terrorisme chargé du suivi de l’application de la résolution, Comité des sanctions habilité à geler des avoirs sans recours judiciaire – sont toujours en place ; le mandat du premier, renouvelé en décembre 2025, prévoit la poursuite de la « guerre contre le terrorisme » au moins jusqu’en 2030. Les législations « temporaires » adoptées dans son sillage se sont, elles, normalisées, routinisées, entraînant, par la suspension des libertés publiques et la concentration du pouvoir qu’elles permettent, une régression démocratique mondiale qui n’est pas sans rappeler la vague d’autocratisation des années 1930, elle-même issue de la banalisation des états d’urgence au sortir du continuum colonisations – Première Guerre mondiale, et qui avait préparé le génocide de la Shoah.
L’image du passé surgit comme un éclair et vient saturer le Jetztzeit, le-temps-de-maintenant [7]
[7] « L’Histoire est l’objet d’une construction dont le…
: au bout de l’état d’urgence permanent, il y a l’apartheid puis le génocide. D’Aimé Césaire à Giorgio Agamben, en passant par Hannah Arendt, Frantz Fanon, Michel Foucault, Achille Mbembe ou Judith Butler, tout a déjà été dit sur cette logique de continuité [8]
[8] Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme, 1950 ;…
. Le palimpseste colonial, celui des états d’exception comme mode normal de gouvernance, se dévoile dans la « guerre juste » en Palestine, qui en est son script actuel, continuation du processus de colonisation européenne du monde [9]
[9] Déjà noté dès 1967 : Maxime Rodinson, « Israël, fait…
. « Les dominants du moment sont les héritiers de tous ceux qui ont vaincu un jour…. Il n’est aucun document de culture qui ne soit aussi document de barbarie. Et comme il n’est lui-même pas exempt de barbarie, le processus de transmission au cours duquel il est passé de l’un à l’autre n’en est pas dépourvu non plus » [10]
[10] Walter Benjamin, Sur le concept d’histoire, 1940, VIIe…
. Et le projet de faire advenir la modernité libérale par le droit comme bien suprême de progrès et standard de civilisation à opposer aux barbares, se révèle comme la catastrophe.
Depuis Gaza, être lucide sur le XXIe siècle, et actionner le frein d’urgence
Retour à la huitième thèse. En 1940, alors que le monde ne connaît pas encore l’étendue de la Shoah, Benjamin semble en avoir l’intuition. Il appelle à ne pas se méprendre, confondu-es par l’idéologie du progrès dont se rendent coupables aussi bien le libéralisme que le marxisme, sur le degré d’atrocités dont le siècle est capable. En 2026, alors que le monde assiste en temps réel au génocide en Palestine sur une multitude de petits écrans lumineux, il faut encore être lucide et ne pas se leurrer sur le degré d’atrocités dont ce siècle est encore capable. « L’étonnement dû au fait que les choses que nous vivons soient « encore » possibles au xx(I)e siècle n’est pas d’ordre philosophique. Il ne se situe pas au commencement d’une découverte, si ce n’est celle du fait que la représentation de l’Histoire d’où elle provient n’est pas tenable. » [11]
[11] Walter Benjamin, Sur le concept d’histoire, 1940,…
Le XXIè siècle a le mérite d’acter, même chez ses anciens fidèles, la fin de « la fin de l’histoire ». Contemporain de Benjamin, Carl Schmitt remarquait que l’état d’exception est à la jurisprudence ce que le miracle est à la religion [12]
[12] Carl Schmitt, Théologie politique, 1922, Gallimard,…
, en d’autres termes ce qui révèle l’existence d’un souverain tout-puissant (« souverain est celui qui décide de l’exception ») – et, peut-on ajouter, ce qui (re)donne foi en Dieu : alors, la mondialisation de l’état d’exception marque le retour, contre la thèse de la fin de l’histoire, de la foi en la puissance illimitée du souverain mondial, et ce faisant, étend les possibilités concrètes d’apartheid et de génocide globaux sur fond de crise climatique et migratoire, notamment via le modèle de guerre contre le terrorisme offert par Israël au monde et promu par les Nations Unies au nom du progrès de la civilisation universelle.
Benjamin donne à cette projection l’image de l’ange de l’histoire, l’Angelus Novus de Paul Klee, emporté à reculons vers l’avenir par la tempête du progrès ; incapable de refermer ses ailes, il regarde terrifié les décombres qui s’amoncellent et le tas grandir jusqu’au ciel. Vingt-cinq ans après le 11 septembre, il pourrait être tentant de s’arrêter à cette image, la contemplation impuissante d’une catastrophe qui ne cesse d’accumuler ses ruines, pour se complaire dans la critique, paralysé-es par le pessimisme.
« Pessimisme sur toute la ligne. Oui, certes, et totalement. Méfiance quant au destin de la littérature, méfiance quant au destin de la liberté, méfiance quant au destin de l’homme européen, mais surtout trois fois méfiance en face de tout accommodement : entre les classes, entre les peuples, entre les individus. Et confiance illimitée seulement dans l’I.G. Farben et dans le perfectionnement pacifique de la Luftwaffe. » [13]
[13] Walter Benjamin, « Le surréalisme. Le dernier…
Mais, foin d’ironie et plutôt que de paralysie, Benjamin propose un autre geste : organiser ce pessimisme pour « faire advenir le véritable état d’exception » et ainsi actionner « le frein d’urgence » : « Marx disait que les révolutions sont la locomotive de l’histoire universelle. Peut-être en va-t-il tout autrement : peut-être les révolutions sont-elles le geste de l’humanité voyageant dans ce train, actionnant le frein d’urgence. » [14]
[14] Notes de Walter Benjamin citées dans Michaël Lowy, La…
Actionner « le frein d’urgence » est un geste de destitution : en finir avec « la domination du droit sur les vivants » pour retourner à la « vie nue », celle qui n’est pas produite par le droit, et donc, qui ne peut être dépossédée de droits par l’état d’exception [15]
[15] Giorgio Agamben, Etat d’exception, 2003 ; voir aussi…
: c’est en brisant « le cercle magique des formes mythiques du droit », en destituant le droit et les violences qui l’accompagnent et donc, finalement, en déposant le pouvoir de l’État que « se fondera une nouvelle ère historique » [16]
[16] Walter Benjamin, Critique de la violence, 1921, Payot,…
. Destituer le droit et son état d’urgence, forme paradigmatique de la violence fondatrice comme conservatrice de droit, c’est aussi se libérer du spectre de la violence génocidaire originelle qui ne cesse de revenir saturer présent et futurs, et s’incarner sous nos yeux, ad lib, en Palestine.
Eugénie Mérieau
Post-Scriptum : Ce texte est un extrait modifié de la préface à la nouvelle édition de « Géopolitique de l’état d’exception : les mondialisations de l’état d’urgence / le principe d’exclusion, matrice du libéralisme politique » aux éditions Cavalier Bleu, à paraître. Il s’accompagne d’une chanson de l’Êtrangère : Il est Minuit moins dix, sortie le 11 septembre.
[1] Walter Benjamin, Sur le concept d’histoire, 1940, VIIIe thèse, Payot, 2017, p. 64.
[2] Position commune 2001/931/PESC du Conseil du 27 décembre 2001 relative à l’application de mesures spécifiques en vue de lutter contre le terrorisme, adoptée en application de la résolution 1373 (2001) du Conseil de sécurité des Nations unies du 28 septembre 2001.
[3] Résolution 3034 (XXVII) de l’Assemblée générale des Nations unies, « Mesures visant à prévenir le terrorisme international qui met en danger ou anéantit d’innocentes vies humaines ou compromet les libertés fondamentales, et étude des causes sous-jacentes de ces formes de terrorisme et actes de violence », adoptée le 18 décembre 1972.
[4] Par exemple la Résolution 37/43 de l’Assemblée générale des Nations Unies, « Importance, pour la garantie et l’observation effectives des droits de l’homme, de la réalisation universelle du droit des peuples à l’autodétermination », adoptée le 3 décembre 1982, réaffirmant le « droit inaliénable » des peuples soumis à une domination étrangère et coloniale à l’autodétermination, et légitime « la lutte des peuples pour se libérer de la domination coloniale et étrangère et de l’occupation étrangère par tous les moyens disponibles, y compris la lutte armée ».
[5] « Toute violence en tant que moyen fonde le droit ou le conserve ». Walter Benjamin, Critique de la violence, 1921, Payot, 2018, p. 76.
[6] Cour internationale de justice, Conséquences juridiques de l’édification d’un mur dans le territoire palestinien occupé, avis consultatif, 2004.
[7] « L’Histoire est l’objet d’une construction dont le lieu n’est pas constitué par le temps homogène et vide, mais par le temps empli d’instantanéité », Walter Benjamin, Sur le concept d’histoire, 1940, XIVe thèse, p. 75.
[8] Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme, 1950 ; Hannah Arendt, Les origines du totalitarisme, 1951 ; Frantz Fanon, Les damnés de la Terre, 1961 ; Michel Foucault, Il faut défendre la société, 1976, Achille Mbembe, Nécropolitique, 2003 ; Giorgio Agamben, Etat d’exception, 2003, Judith Butler, Precarious Life, 2004.
[9] Déjà noté dès 1967 : Maxime Rodinson, « Israël, fait colonial ? », Les Temps modernes, n° 253 bis (numéro spécial « Le Conflit israélo-arabe »), Paris, Éditions de Minuit, 1967, pp. 17-88.
[10] Walter Benjamin, Sur le concept d’histoire, 1940, VIIe thèse, Payot, 2017, pp. 62-63.
[11] Walter Benjamin, Sur le concept d’histoire, 1940, VIIIe thèse, Payot, 2017, p. 64.
[12] Carl Schmitt, Théologie politique, 1922, Gallimard, 1988, p. 46.
[13] Walter Benjamin, « Le surréalisme. Le dernier instantané de l’intelligentsia européenne », Le Monde Littéraire, 1929, in Œuvres II, Paris, Gallimard, coll. « Folio essais », 2000, p. 132.
[14] Notes de Walter Benjamin citées dans Michaël Lowy, La révolution est le frein d’urgence, Éditions de l’éclat, 2019, p. 157 et Walter Benjamin, Avertissement d’incendie, Éditions de l’éclat, 2018, p. 86.
[15] Giorgio Agamben, Etat d’exception, 2003 ; voir aussi Shoshana Fine et Thomas Lindemann, La violence au nom de la loi, Presses de Sciences Po, 2026.
[16] Walter Benjamin, Critique de la violence, 1921, Payot, 2018, p. 101.

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