Surveillance globale qui s’étend au delà de la manif

vendredi 21 août 2026
Dans nos sociétés non-démocratiques, la surveillance totale et durable peut se déployer (presque) sans entraves grâce aux technologies numériques, avec la possibilité de traquer après une manif offensive toutes les personnes qui y ont participé de près ou de loin.
Exemple en Inde et au Canada :
Ce que les manifestations des « cafards » en Inde révèlent sur l’autoritarisme numérique
Ce que les manifestations des « cafards » en Inde révèlent sur l’autoritarisme numérique – Les technologies numériques permettent de prolonger la répression au-delà de la dispersion d’une protestation.
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plusieurs comptes liés au mouvement ont été temporairement suspendus ou restreints sur les réseaux sociaux.
Les événements de ces dernières semaines révèlent une évolution qui dépasse les revendications étudiantes : l’émergence d’un mode de gestion de la contestation où la violence policière, la surveillance assistée par l’intelligence artificielle (IA) et les instruments numériques de contrôle se renforcent mutuellement.
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cette journée spectaculaire révèle surtout une transformation plus profonde de la gestion étatique de la dissidence
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une infrastructure de surveillance dont la sophistication aurait semblé exceptionnelle il y a encore une décennie. Tours de surveillance, reconnaissance faciale assistée par l’IA, caméras à 360 degrés, caméras-piétons, unités mobiles et même lunettes intelligentes Meta ont créé un environnement dans lequel presque chaque déplacement des manifestants pouvait être enregistré, analysé et archivé. Après les affrontements, la police a indiqué que ces images seraient recoupées avec des bases de données criminelles afin d’identifier les personnes soupçonnées d’y avoir participé.
Evolution de la surveillance numérique vers une répression insidieuse, étendue et qui dure
Parallèlement, une requête pendante devant la Haute Cour de Delhi soutient que cette surveillance a dépassé le maintien de l’ordre pour englober des activités aussi ordinaires que manger, se reposer ou recevoir des soins médicaux.
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les enquêteurs ont tenté de reconstituer l’écosystème logistique du mouvement en remontant, à partir d’emballages alimentaires, jusqu’aux cafés et restaurants ayant fourni des repas aux manifestants, y compris lorsque ceux-ci étaient offerts sans frais
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Poursuites pénales, surveillance biométrique et pressions sur les réseaux de soutien comme sur les espaces numériques illustrent ainsi l’extension du contrôle étatique
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prolonger la répression bien au-delà de la dispersion d’une manifestation, en laissant une trace durable de la participation politique
La nouveauté ne réside pas dans le recours à la force, mais dans la capacité des technologies numériques (reconnaissance faciale, bases de données biométriques et interconnexion croissante des systèmes d’information) à prolonger la répression bien au-delà de la dispersion d’une manifestation, en laissant une trace durable de la participation politique.
La surveillance cesse ainsi d’être un simple outil d’enquête a posteriori pour devenir un mécanisme par lequel la participation politique elle-même devient visible, identifiable et durablement archivée. L’objectif n’est plus seulement de disperser une manifestation, mais d’accroître durablement le coût de la participation politique. Ce déplacement est d’ordre constitutionnel. Dans une démocratie, la liberté de réunion ne protège pas uniquement le droit de manifester ; elle protège également la possibilité de le faire sans que cette participation n’alimente, de manière indéfinie, des dispositifs de surveillance susceptibles d’exercer un effet dissuasif sur l’engagement civique.
Cette évolution dépasse largement le cas indien. Au Canada, les controverses suscitées par l’utilisation de Clearview AI et les interventions répétées du Commissariat à la protection de la vie privée montrent que le recours à la reconnaissance faciale par les autorités alimente lui aussi d’importants débats sur la nécessité d’un fondement légal explicite, du respect du principe de proportionnalité et d’un contrôle indépendant.
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une transformation plus profonde de l’exercice du pouvoir à l’ère numérique. Là où les démocraties se sont longtemps interrogées sur les limites du recours à la force, elles doivent désormais définir celles de technologies capables d’établir, de suivre et d’archiver durablement l’engagement politique.
Les lathis (bâtons des flics en Inde) ont toujours laissé des blessures visibles ; aujourd’hui, les technologies numériques risquent de laisser des traces invisibles mais permanentes.
Evolution de la surveillance numérique vers une répression insidieuse, étendue et qui dure
Oui, les pseudo-démocraties se sont « interrogées » sur leurs brutalités répressives, pour conclure rapidement, notamment en France, que les manifestants (et encore plus les habitant.e.s des banlieues) pouvaient sans problème être massacrés, mutilés et gazés à outrance, à l’aide notamment d’armes de guerre à létalité aléatoire…

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