Face au tremblement de terre : toute notre solidarité et notre soutien aux travailleurs et travailleuses !

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Solidarité avec les travailleurs et travailleuses de Colombie Colombie

Solidarité avec les travailleurs et travailleuses de Colombie

13 août 2026

Le Réseau syndical international de solidarité et de luttes exprime sa profonde solidarité avec les travailleur·ses  de Colombie face au tremblement de terre dévastateur de magnitude 7,4 qui a frappé le pays le 10 août 2026.

Le tremblement de terre a provoqué des centaines de morts, des milliers de blessés, des personnes portées disparues et d’énormes dégâts aux logements, aux hôpitaux, aux écoles, aux routes et aux autres infrastructures publiques. Le séisme a eu pour épicentre San José del Palmar, dans le département du Chocó, un territoire historiquement délaissé par l’État, où l’état des routes, les moyens de communication, l’accès aux soins médicaux et à l’eau potable, ainsi que la précarité des constructions, constituent depuis longtemps des problèmes majeurs pour la population. 

En ce moment de douleur, nous exprimons notre solidarité aux familles des victimes, aux blessés, aux personnes disparues et à toutes les communautés touchées. Notre solidarité s’adresse particulièrement à la classe travailleuse et aux secteurs populaires, qui subissent de manière la plus brutale les conséquences d’une catastrophe de cette ampleur.

Un tremblement de terre est un phénomène naturel. Mais l’ampleur de ses conséquences n’est ni naturelle ni inévitable. La précarité des logements, les inégalités sociales, le manque d’infrastructures, l’absence de politiques adéquates de prévention et la précarisation des conditions de vie et de travail déterminent qui sera le plus exposé au risque et qui disposera des meilleures conditions pour survivre et reconstruire sa vie. C’est pourquoi les gouvernements locaux, le gouvernement national et les entrepreneurs du secteur du logement ont des responsabilités concrètes face à cette tragédie.

L’État colombien doit mettre toutes les ressources disponibles au service des victimes : équipes spécialisées, hôpitaux, machines, équipements de communication, moyens de transport, nourriture, eau, médicaments, abris et toute l’infrastructure nécessaire pour localiser et secourir les personnes piégées sous les décombres.

Il ne suffit pas de déclarer l’état d’urgence ou d’annoncer des ressources. Il faut garantir que ces ressources parviennent immédiatement aux communautés touchées.

SECOURS ET SOLIDARITÉ, PAS DE CONTRÔLE MILITAIRE DE LA POPULATION

Le Réseau syndical international de solidarité et de luttes exprime également sa préoccupation et sa critique concernant les mesures adoptées par les autorités locales de Cali et de Pereira.

À Cali, la mairie a décrété un couvre-feu et ordonné la militarisation de différents points de la ville. À Pereira, un couvre-feu a également été décrété. Les autorités ont justifié ces mesures par la nécessité de prévenir les pillages et de garantir la sécurité pendant l’urgence. Mais face à la tragédie, la solidarité et la sécurité organisées par la communauté doivent s’imposer. Ce qui préoccupe le gouvernement national et les gouvernements locaux, c’est la défense de la propriété privée des grands commerçants et des entrepreneurs.

Comme au Venezuela, le gouvernement colombien se montre insuffisant dans la gestion de l’urgence, avec des équipes de secours, des machines et des outils appropriés en nombre insuffisant. L’idéologie d’extrême droite du gouvernement conduit également à négliger les opérations de secours en acceptant immédiatement l’aide de sauveteurs d’autres pays, comme le Mexique, qui dispose d’une vaste expérience dans ce type d’opérations.

Il est incompréhensible que le gouvernement colombien d’Abelardo de la Espriella n’accepte que « l’aide » des gouvernements d’Israël, de l’Équateur, du Salvador et des États-Unis, affirmant qu’il s’agit des « seuls pays qui respectent les protocoles internationaux ». Cela signifie qu’il n’accepte qu’une aide conditionnée et intéressée de gouvernements qui suivent les ordres et l’obéissance de Trump et de Netanyahu.

Dans une situation de catastrophe, les Forces armées et tout l’appareil d’État doivent être mobilisés en priorité pour les opérations de secours, l’extraction des personnes ensevelies sous les décombres, le transport des blessés, la distribution de l’aide humanitaire et le soutien aux communautés, et non pour transformer les quartiers populaires en territoires de contrôle et de surveillance.

Nous remettons en question la priorité donnée par l’Etat dès le début, deface à une population ensevelie, blessée et sans logement. L’expérience de ces premières heures est révélatrice. Alors que les autorités renforcent l’appareil de sécurité, les habitants, les travailleur·ses, les pompiers, les secouristes et les volontaires s’organisent pour sauver des vies. Des volontaires sont notamment présents parmi les décombres et utilisent les outils disponibles pour tenter de localiser les survivant·es.

Ce sont des hommes et des femmes ordinaires qui, bien souvent, arrivent avant les équipes adéquates et mettent leur propre corps en danger pour aider leurs voisins.

L’État doit fournir immédiatement des équipements lourds, des outils, de l’éclairage, de l’eau, de la nourriture, des soins médicaux et tout le soutien technique nécessaire pour que cette force populaire puisse agir en toute sécurité et avec efficacité.

LA SOLIDARITÉ INTERNATIONALE DE LA CLASSE TRAVAILLEUSE

Le Réseau syndical international de solidarité et de luttes appelle toutes les organisations membres du Réseau ainsi que toutes les organisations syndicales et populaires du monde entier à renforcer la solidarité avec les travailleur·ses et le peuple colombien.

Nous devons soutenir les initiatives de collecte et de mobilisation de nourriture, d’eau, de médicaments, de matériel, d’outils et d’équipements d’urgence, toujours en coordination avec les organisations syndicales, populaires et communautaires qui interviennent directement dans les régions touchées.

Nous proposons également de construire une campagne internationale de solidarité syndicale, en garantissant que les ressources collectées soient directement destinées aux besoins des populations touchées.

NOUS EXIGEONS :

● Le secours immédiat et intégral de toutes les personnes disparues et ensevelies ;

● La mobilisation de toutes les structures publiques disponibles pour sauver des vies

● L’utilisation prioritaire des Forces armées dans les opérations de secours, d’assistance et de reconstruction, et non pour la répression ou le contrôle des quartiers populaires ;

● Des équipements, des machines et des outils suffisants pour les équipes de secours et les volontaires ;

● Des soins médicaux, psychologiques et humanitaires gratuits pour les victimes ;

● Un logement digne et sûr pour toutes les familles sinistrées ;

● La garantie des emplois et des salaires des travailleur·ses touché·es ;

● Aucun licenciement, aucune réduction salariale ni suppression de droits en conséquence de la tragédie ;

● La reconstruction des zones touchées sous le contrôle et la supervision de la population et des organisations de travailleurs ;

● Une transparence totale concernant les ressources publiques destinées à l’urgence et à la reconstruction ;

● La priorité absolue aux besoins sociaux et non aux intérêts des grands groupes économiques ;

● Le respect de l’organisation et de la solidarité des communautés touchées.

Toute notre force aux travailleurs et au peuple colombiens !

Vive la solidarité internationale de la classe travailleuse !

https://laboursolidarity.org/fr/n/4032/solidarite-avec-les-travailleurs-et-travailleuses-de-colombie

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