
Publié le 1er mai 2026| Maj le 2 mai
Voilà quelques temps que nos dirigeant·e·s nous font rentrer dans le crâne la perspective que le seul horizon qui nous attend est la guerre. C’était déjà une idée qu’iels diffusaient subtilement depuis un moment, mais c’est la vitesse supérieure qui a été passée cette dernière année, notamment avec cette explication du chef de l’état-major des armées qu’il faudrait « accepter de perdre ses enfants » dans l’idée « d’un choc d’ici 3 à 4 ans » – une guerre. Alors tous les rouages du système capitaliste suivent le pas, comme ils savent le faire quand il y a du profit à la clé. L’industrie de la guerre est dans sa meilleure forme.
On a aussi toustes pu voir que les campagnes médiatiques pro-guerre ont pris une ampleur démesurée. Il y a l’idée de rendre la guerre « cool », de donner l’illusion que l’armée pourrait être un lieu de bien-être et d’émancipation, et aussi la volonté de toucher les jeunes générations des étudiant·e·s jusqu’aux enfants. Qui sera le premier à dire que « la guerre, c’est la paix » ?
Et même dans notre politique locale, certain·e·s se disent que c’est une bonne idée de mettre des pièces dans la machine et de faire de la région un acteur de l’industrie de la mort encore plus important qu’il ne l’est déjà, à l’image de François Bonneau (PS), président de la région Centre-Val-de-Loire : il suggère de reconvertir les usines Brandt en usines à drones militaires. On en profite pour rappeler que ces gens-là auront oeuvré pour la catastrophe (sous couvert de relancer l’économie, il faut bien qu’iels puis puissent dormir sur leurs deux oreilles hein), et qu’iels seront responsables de nos mort·e·s.
On pourrait écrire des pages et des pages pour rapperler que la course à la guerre est pensée scrupuleusement par certain·e·s et nourrie par beaucoup d’autres, et que cette logique est intimement liée aux systèmes de domination de nos sociétés ; mais il y a d’autres articles et infos bien plus complètes à ce sujet [1].
Dans ce contexte où le seul horizon possible (disent t-iels de plus en plus fort) est la guerre, et où la militarisation de nos sociétés est aussi un prétexte à la surveillance et à la répression encore plus violentes contre la population indignée, tout ça demande de la préparation, du temps et de l’argent. Et notamment des exercices militaires sur tout le territoire national.
Alors si vous habitez quelque part sur l’axe entre Tours, Poitiers et Limoges, vous aurez le plaisir ces prochains jours de voir ou d’entendre toute une panoplie de ce que la guerre peut apporter par les airs : avions de combat, hélicoptères, aéronefs d’état sans équipage (drones), et même des parachutages. A cette série d’exercices militaires, qui aura lieu du 11 au 20 mai 2026, iels ont même donné le doux sobriquet « LIBECCIU 26 » [2].
Toutes les infos sur les jours, horaires et zones concernées par ces exercices militaires, sont disponibles ici :

Notes
[1] n’hésitez pas à aller fouiller sur les sites de Guerre à la guerre, sur vos médias indépendants locaux, auprès d’organisations engagées dans la lutte contre la militarisation et la course à la guerre, auprès de vos collectifs anti-militaristes locaux (et bien d’autres encore).
[2] En langue Corse, Libecciu est un vent de sud-ouest très violent, qui crée des houles particulièrement grosses, et qui, en hiver, précède souvent l’orage.

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