UN PROCÈS MAIS PAS DE PREUVES






| Chères lectrices, chers lecteurs, La justice a tranché : Ariane Lavrilleux bénéficie d’un non-lieu dans l’affaire « Egypt papers ». En plus de disculper notre journaliste, la juge d’instruction en charge du dossier reconnaît enfin l’intérêt général de notre enquête sur les liens militaires secrets entre la France d’Emmanuel Macron et le régime égyptien d’Abdel Fattah al Sissi. Il lui aura fallu trois ans pour admettre que les informations publiées par Disclose sur l’opération Sirli en novembre 2021 méritaient d’être rendues publiques. Trois années au cours desquelles Ariane Lavrilleux – et elle seule, alors que trois autres personnes signent l’enquête – a fait l’objet d’un traitement inadmissible et hors norme s’agissant d’une journaliste. Filatures, géolocalisation en temps réel, analyse de comptes bancaires, perquisition, garde à vue, interrogatoires des services secrets français. Une débauche de moyens… Pour rien. Depuis le début, ces multiples atteintes à la liberté d’informer ne poursuivaient qu’un seul objectif : identifier nos sources. C’est un échec. Aucun élément du dossier ne permet d’affirmer qu’une source a transmis des informations classifiées à Ariane Lavrilleux. Pourtant, et alors qu’aucune infraction n’est prouvée, la juge a décidé de renvoyer un militaire devant le tribunal pour compromission du secret de la défense nationale, lequel conteste les accusations. Même le Parquet discute le choix de la magistrate : devant l’absence de preuves, il a fait appel de la décision, nous apprend l’AFP. L’audience, initialement fixée au 21 mai 2026, pourrait être repoussée. Voire, espérons-le, abandonnée. Une chose est sûre et il est essentiel de le rappeler : cette enquête journalistique est le fruit d’un travail collectif, mené avec rigueur et responsabilité, qui a permis de révéler une opération de renseignement de l’armée française ayant conduit à l’exécution de centaines de civils égyptiens. Autrement dit, elle a mis au jour les compromissions de l’État français avec un régime criminel. C’est bel et bien ce qu’il faut en retenir. Mathias Destal Cofondateur et rédacteur en chef de Disclose https://disclose.ngo/fr |


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