Macron le Roi Fou


Après sa défaite électorale aux USA, Donald Trump organisait un ridicule assaut du capitole. Le président d’extrême droite Bolsonaro avait fait de même au Brésil. En France, Macron n’a même pas besoin de réunir ses troupes pour organiser un coup d’État institutionnel. Il suffit au Roi Fou de donner une interview au milieu de l’été à la télévision.


Le Roi Fou de Game of Thrones, l'illustration de Macron donnant sa parole à la télévision.

Le 23 juillet au soir, le président a tenu des propos encore plus lunaires que d’habitude, montrant qu’il a non seulement perdu pied avec la réalité, mais qu’il compte bien continuer à piétiner absolument tout ce qu’il restait de «règles démocratiques» et de bienséance «républicaine». Un Roi devenu Fou.

Revenons en arrière. le 14 juin, Le Monde révélait cet échange de Macron avec un «grand patron, familier de l’Élysée» qui lui avait demandé à propos de la dissolution : «Pas trop dures, ces journées ?». Réponse de Macron, amusé : «Mais pas du tout ! Je prépare ça depuis des semaines, et je suis ravi. Je leur ai balancé ma grenade dégoupillée dans les jambes. Maintenant on va voir comment ils s’en sortent…» Un manager pervers qui joue à l’explosif avec la vie de dizaines de millions de personnes. Une dissolution sur mesure pour permettre à l’extrême droite d’arriver au pouvoir, et ça le faisait marrer.

Son plan avait échoué. Le 7 juillet, contre toute attente, c’était le Front Populaire, alliance improbable entre partis de gauche en conflit, qui arrivait en tête, à la surprise générale. Depuis, Macron s’était muré dans le silence. Avant les résultats, il avait fait fuiter dans la presse qu’il comptait nommer Bardella Premier Ministre, même sans majorité absolue du RN. Mais cette victoire inattendue de la gauche ne le lui permettait pas.


C’est donc quasiment trois semaines après ces élections, à la veille des Jeux Olympiques, que Macron prend la parole. Et tout est sidérant :


Un coup d’État “soft”

D’abord, Emmanuel Macron ne nommera pas de premier ministre avant la «mi-août» et la fin des Jeux olympiques. Autrement dit les macronistes, triplement battus lors des dernières élections, vont rester plusieurs semaines au pouvoir, en toute illégitimité. Sachant qu’en plus, ils continuent de faire passer des décrets immondes, comme si les élections n’avaient pas eu lieu. Imaginons que n’importe quel autre dirigeant européen décide de rester au pouvoir pendant deux mois après sa défaite électorale : tout le monde crierait à juste titre à la dictature.

Déni de réalité

Deuxième élément de langage : «personne n’a gagné». Puisque la gauche est arrivée en tête, cela n’a pas existé. Emmanuel Macron gouverne pourtant depuis deux ans sans majorité absolue à l’Assemblée, et n’a aucun problème avec ça. Dans la continuité logique, le président a balayé en une phrase la possibilité même de nommer une Première Ministre de gauche. Le Front Populaire a mis deux semaines à se mettre d’accord sur une cheffe de gouvernement, une énarque modéré. Macron ne la nommera évidemment pas. La gauche, même tiède, ne doit pas arriver aux affaires.

Le RN a gagné

Plus grave, il affirme que «les Français ont placé le Rassemblement national en tête au premier tour. Ça, on doit l’entendre et on doit le respecter», et estime qu’il faut donner plus de responsabilités au RN.

C’est très inquiétant, et prouve une nouvelle fois que toute son opération de dissolution n’avait pour seul objectif que de livrer le pouvoir à la famille Le Pen. Le RN est arrivé en troisième position des législatives. Mais Macron réécrit les règles et ne parle que du premier tour. C’est nouveau. Allons au bout de la logique : si l’on ne se fie qu’aux premiers tours des deux dernières présidentielles, Macron dépasse difficilement les 20% et n’aurait jamais dû être président.

Le fascisme au pouvoir

Pour la suite du quinquennat, Macron évoque une alliance avec la droite, pour «plus de fermeté, plus de sécurité et plus de justice, plus de simplicité et mieux vivre de son travail». Traduction : plus de répression et de mesures néolibérales. Il estime que les propositions de Laurent Wauquiez, le chef des Républicains corrompu qui propose des mesures ultra-violentes pour les classes populaires, «vont dans la bonne direction».

Si le futur Premier Ministre est issu de ce petit parti de droite extrême qui ne représente plus rien, et c’est ce qui se profile, alors Macron assumera définitivement de piétiner le verdict d’une élection qu’il a lui même provoqué.

S’accrocher au pouvoir

Interrogé sur une éventuelle démission en cas de blocage politique, Emmanuel Macron a évidemment balayé : «Les Françaises et les Français m’ont confié un mandat. Je l’ai sollicité pour la deuxième fois. Ils me l’ont confié pour la deuxième fois et je l’assumerai dans sa plénitude». Il aime trop le pouvoir et nous faire souffrir pour laisser sa place.

Soutenir le fascisme international

Enfin, et ce n’est pas un détail, Macron a réitéré son soutien aux génocidaires israéliens. Critiquant la position de la France Insoumise, qui dénonce la participation d’athlètes israéliens aux JO, le président a enchaîné : «Israël a le droit de se défendre», «C’est pas une guerre d’agression» et même «Netanyahou est le bienvenu à Paris». Sachant que Netanyahou est mis en cause pour des faits de génocide et visé par un mandat d’arrêt international.


Coup d’État soft, valorisation de l’extrême droite, mépris du résultat électoral et de la gauche, soutien à des criminels de masse. Et tout cela avec de grands sourires et une voix mielleuse. L’intervention du monarque, hallucinante, indigne et inquiétant de bout en bout, promet des lendemains difficiles.

https://contre-attaque.net/2024/07/24/macron-le-roi-fou/

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