Communiqué : Actions coordonnées contre France Travail

17 février 2024

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Ce 18 & 19 janvier 2024, des collectifs de personnes précaires de différentes villes se sont organisés pour coordonner des actions contre la mise en place de France Travail [ex-Pôle emploi] et contre les 15h de travail gratuit et obligatoire qu’impose la loi « Plein-Emploi » aux allocataires du chômage et du RSA. Communiqué du collectif précaire de Lille intervenu dans les locaux de France Travail Fives.

Des administrations (Pôle emploi, CAF, Missions locales…) ont été envahies et des façades redécorées. Le message est clair : nous ne sommes pas dupes, ce dispositif a comme but réel de tirer vers le bas l’ensemble du coup de la main d’œuvre et nous ne nous laisserons pas faire. Nous refusons d’être de la chair à patrons et nous nous opposerons au travail forcé.


Voici le texte d’appel qui a été distribué nationalement lors de ces actions collectives. Ce que nous voulons c’est que chacun, chacune, prenne gravement la mesure de cette loi « Plein-emploi » et de ses conséquences. Nous appelons à ce que chaque personne qui se sente concernée par cette attaque crée ou rejoigne des collectifs de précaires locaux pour ne pas rester seul.e face à cette machine à broyer.


A Lille, le collectif des précaires en colère s’est invité au Pôle emploi de Fives ce jeudi 18 janvier. Nous sommes entrés dans les locaux en chantant des slogans tels que « Contrôle, flicage, radiations ; France Travail précarise ; Ensemble ripostons ». Un texte a été distribué aux conseillers et conseillères ainsi qu’aux « usagers » de Pôle emploi. Des discussions ont pu être entamées, la plupart des personnes présentes étant réceptives et en accord avec notre discours. Pendant ce temps, à l’extérieur, des affiches et des pochoirs ont fleuri.es sur les murs de France Travail.

Collectif Précaires Lille

Tract distribué par le collectif :

  Contrôle renforcé pour travail forcé :
la loi « Plein-emploi » adoptée, FRANCE TRAVAIL est crée


FRANCE TRAVAIL c’est la fusion entre Pôle emploi (qui gère les chômeur·ses), les missions locales (qui gèrent les jeunes au chômage) et Cap emploi (qui gère les personnes en situation de handicap au chômage). On ajoute les gens au RSA qui sont désormais obligés de s’inscrire aussi à France Travail et hop ! on met l’ensemble des précaires dans un même panier et tout le monde au turbin ! Une fois pris·e dans les mailles du filet France Travail, en plus de subir des contrôles renforcés, chaque chômeur·euse ou allocataire du RSA aura l’obligation de signer un « contrat d’engagement » qui oblige à travailler au minimum 15 heures par semaine sans toucher de salaire. Autrement dit, travailler gratos.
Cette nouvelle loi annonce l’ambition du pouvoir : multiplier les rendez-vous inutiles, contraindre à du travail gratuit, punir par une suspension de l’allocation, etc. Il s’agit de rendre l’accès aux allocations quasiment impossible (déjà 1/3 des personnes qui auraient droit au RSA ne le touche pas) et de nous obliger à accepter n’importe quel boulot payé des miettes.
Soi-disant préoccupé par le sort des mères au foyer, notamment des mères isolées (85% des parents isolés sont des femmes), cette loi propose l’émancipation par le travail non payé. Avec la création de 200 000 places de garde pour jeunes enfants, elles pourront elles aussi profiter d’un « contrat d’engagement » pour un « accompagnement » renforcé. Leur travail domestique gratuit ne suffisant apparemment pas, les femmes qui assument déjà tâches ménagères et éducation des enfants sans rémunération, devront en plus se coltiner les 15 heures minimum de travail gratuit et obligatoire. Sinon, pas d’allocs ! C’est la double peine. Voilà pour l’émancipation.

Sans RSA, sans chômage, on sera des millions de précaires à devoir accepter n’importe quoi pour espérer ne pas voir le frigo vide. Cette réforme n’est rien de moins qu’un cadeau aux entreprises car elle aura pour conséquence de tirer l’ensemble des salaires vers le bas. Pendant que l’État organise la chasse aux pauvres, les riches profitent : parachute doré, CICE, bouclier fiscal, suppression de l’ISF… et participent gaiement à produire des nuisances jusqu’à rendre cette terre invivable.

« Précaires » n’est pas une catégorie en marge. Encore moins une identité. Être précaire ne se défini pas par un niveau de revenus. C’est plutôt, devoir être flexible et toujours disponible, se sentir mal protégé.e (en cas d’accident, de maladie), être incertain.e face à l’avenir. La précarité, c’est une forme d’exploitation qui se massifie. C’est la main d’œuvre qui correspond le mieux aux besoins des entreprises. C’est aussi jusqu’à maintenant une situation qui limite les capacités de défense des travailleur·ses. Intérim, contrats courts, auto-entreprenariat, vacations, etc. mettent à mal les formes traditionnelles des luttes syndicales. Les résistances sont à réinventer !
C’est pourquoi les jeudi 18 et vendredi 19 janvier 2024 nous avons mené des actions coordonnées dans plusieurs villes de France pour mettre les salarié·es des Pôle emploi, Cap emploi, missions locales, CAF, Maison Nord Emploi, etc. face à leurs responsabilités.

Vous qui travaillez dans ces institutions (il est encore temps de démissionner), vous êtes responsables ! Pour vous faciliter les choses, la loi a supprimé la contrainte qui s’imposait jusqu’ici à Pôle emploi : vérifier la légalité des offres proposées (salaire, temps de travail, etc.). Maintenant avec France Travail, c’est la teuf pour les patrons qui peuvent officiellement continuer à pisser joyeusement sur le code du travail.
Nous appelons toutes les personnes qui se sentent concernées à s’organiser en collectif de précaires et à envahir un maximum de services concernés par cette loi (Pôle emploi, CAF, services départementaux…). Ils nous veulent isolé·es, regroupons-nous. Faisons entendre notre voix par tous les moyens. À chacun son style pour harceler les harceleurs, menons des actions coordonnées partout où c’est possible !
https://labrique.net/index.php/thematiques/hors-canard/1294-communique-contre-france-travail

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