«Je suis content. Si le détroit d’Ormuz venait à être fermé, le pétrole monterait», a déclaré le PDG de Total. Après les marchands d’armes, la multinationale du pétrole au premier rang des profiteurs de guerre.

Existe-t-il plus sale et plus vicieux qu’un revendeur de mazout ? C’est une question légitime que tout le monde devrait être en droit se poser. La multinationale française TotalÉnergies vient d’engranger un bénéfice record, sur fond de guerre en Iran et du blocage du détroit d’Ormuz.
En cas de conflits armés, les marchands de canon se frottent toujours les mains, mais ce ne sont pas des acteurs isolés. Les profiteurs de désastres sont là, nichés partout, prêts à jaillir, attendant la moindre occasion pour empocher les dividendes. D’autres industriels aiment l’odeur du sang et des larmes, en particulier les magnats de l’industrie pétrolière. Les pollueurs de notre ère sont en pôle position pour profiter des crises en faisant gonfler artificiellement les prix.
Un rapport de Greenpeace paru le 1er avril documente les profits monstres des géants européens du secteur depuis le début le conflit au Levant… Les compagnies pétrolières européennes ont en moyenne réalisé 81 millions de profit par jour. Pourtant la flambée du prix de l’essence à la pompe que nous connaissons est injustifiée, car les tarifs affichés dans les stations restent largement supérieurs aux prix du pétrole brut, comme l’indique le rapport. Si le prix du pétrole augmente sur les marchés, celui revendu aux particuliers monte beaucoup plus vite. Autrement dit, les compagnies pétrolières organisent un système de racket mafieux généralisé en braquant nos portes-feuilles.
En France, le prix de l’essence et de gazole explose tous les compteurs : à plus de 2 euros le litre, la manne financière est énorme pour les entrepreneurs de l’écocide. Souvenons-nous que l’insurrection des Gilets jaunes avaient débuté à cause d’une taxe et d’une hausse du coût sur les carburants, à une époque où le prix du litre était bien plus bas qu’aujourd’hui. Pour des millions de personnes qui dépendent de la voiture pour se déplacer et se faire exploiter dans les entrepôts et les usines du pays, remplir son plein est une question de survie…
Un article du 31 mars du Financial Times nous apprenait que la firme Total avait fait, grâce à une grosse opération de trading sur des cargaisons de pétrole en-dehors du détroit d’Ormuz, un bénéfice net supérieur à 1 milliard de dollars sur le mois de mars 2026. Un chiffre vertigineux.
Pour faire simple, TotalÉnergies a spéculé sur la hausse des prix du carburant. Les négociants de la multinationale ont acheté la totalité des cargaisons de pétrole brut produites aux Émirats Arabes Unis et à Oman qui étaient destinées à l’achat au mois de mai, mais au mois de mars… Pour les revendre à un prix exorbitant. La plus-value est énorme. Nous parlons ici d’une des plus grosses prises de position jamais vues sur les marchés pétroliers. Pendant que les Iraniens meurent sous les bombes étasuniennes et israéliennes, l’appétit d’actionnaires charognards et de patrons voyous est insatiable.
Plus grave encore : les profiteurs de guerre se trouvent au cœur des palais du pouvoir. Il y a des actionnaires de TotalÉnergies chez des députés, des sénateurs ou des ministres français. 14 parlementaires de la majorité Lecornu. Yaël Braun-Pivet, macroniste fanatique et présidente de l’Assemblée Nationale, détient à elle seule plus de 150 actions dans la société. Elle avait omis en 2023 cet actionnariat dans sa déclaration de patrimoine, déclaration qui doit être accessible au public. Nicolas Bay, député du RN, a aussi déclaré plus de 100.000 euros d’intérêts chez Total. Avec de tels conflits d’intérêts, pas question d’encadrer les prix ni de sanctionner la spéculation pétrolière. Pendant que des familles ont du mal à remplir le frigo, que des personnes sautent des repas ou vivent à la rue, des élus et représentants de la nation s’enrichissent.
TotalÉnergies fait partie de ces entreprises nuisibles, responsables de la catastrophe climatique. En Ouganda, elle veut notamment développer un oléoduc qui détruit les écosystèmes, et expulse de force les habitants. Le PDG de Total est lui même multimillionnaire, et déclarait le 20 février 2026 : «À 110$ le baril, je suis content. Si le détroit d’Ormuz venait à être fermé, le pétrole monterait». En 2021, en pleine crise du COVID, Patrick Pouyanné augmentait sa rémunération de plus de 50%. Un salaire atteignant la modeste somme de 6 millions d’euros alors que les services publics français s’effondrent. Cet activiste du grand capital a soutenu la réforme des retraites de Macron, noué des contrats faramineux avec les pétro-monarchies du Golfe pour exploiter leurs ressources énergétiques et, tenez-vous bien, appelé Trump à lutter contre le réchauffement climatique tout en continuant à extraire des énergies fossiles en ravageant le vivant à travers la planète avec son entreprise.
Les géants pétroliers prospèrent sur les attaques impérialistes des grandes puissances. L’attaque des États-Unis et Israël contre l’Iran n’échappe pas aux logiques mortifères du capitalisme de crise.

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