Israël poursuit son projet d’élimination du peuple palestinien

Colonialisme, Moyen Orient

Que ce soit en Cisjordanie ou à Gaza, l'État d'Israël fait vivre un enfer au peuple palestinien.

En Cisjordanie, au moins neufs villages palestiniens viennent d’être incendiés par des colons fascistes. À Jérusalem, les soldats israéliens ont tiré des grenades sur des palestiniens musulmans qui s’approchaient de la mosquée Al-Aqsa pour la prière de l’Aïd. Pour la première fois depuis des décennies, les lieux saints de la Vieille Ville sont restés fermés pour cette fête religieuse célébrant la fin du Ramadan. Alors que la bande de Gaza est réduite à l’état de poussières, les soldats israéliens eux-mêmes décrivent des méthodes que n’auraient pas renié les bataillons fascistes les plus violents de la seconde guerre mondiale.

Pogroms anti-palestiniens en Cisjordanie

La nuit du 21 au 22 mars a été une nuit d’horreur en Cisjordanie. Des colons d’extrême droite ont pris d’assaut plus de neuf communes palestiniennes, dont Bethléem, la ville du Christ. On voit sur différentes vidéos des dizaines de colons armés courir au milieu des rues, brûler des voitures et mettre le feu à des maisons en pleine nuit, alors qu’elles sont habitées. Il s’agit de tentatives de brûler vives des familles entières : de véritables pogroms.

Les colons ont notamment attaqué le village de Jaloud, incendiant des maisons et des voitures palestiniennes, détruisant le bâtiment de la municipalité et deux maisons familiales. D’autres vidéos montrent des opérations similaires à Fandaqumiya, Silat ad-Dhahr et Qaryut avec des bâtiments en flammes et des habitants qui se précipitent pour tenter d’évacuer les personnes à l’intérieur.

Le Croissant-Rouge palestinien indique pour l’heure qu’au moins trois personnes ont été blessées après avoir été tabassées par des colons dans le village de Jaloud, et six autres dans la région de Jénine. Les attaques de colons ont lieu presque tous les jours ces dernières semaines.

La vague de pogroms en cours utilise comme prétexte la mort d’un colon renversé sur son quad la veille, un accident dont sont accusés les palestiniens. Mais les habitants de Cisjordanie subissent des dizaines d’attaques de ce type depuis des mois, ponctuées d’incendies, de passages à tabac, de vol de maisons et de terre par la force, mais aussi d’exécutions à balles réelles. Le projet assumé est de rendre invivable la Cisjordanie pour en chasser son peuple. 65 enfants y ont été tués durant l’année écoulée par les colons ou l’armée d’occupation, c’est-à-dire plus d’un enfant chaque semaine en moyenne, parfois âgés de quelques années à peine. Lors des récoltes, moments communautaires essentiels et moyens de subsistance pour les palestiniens, les colons se déchaînent : 150 attaques ont été recensées dans 80 villages et 4000 arbres arrachés.

L’historienne Ludivine Bantigny raconte, de retour d’un voyage en Cisjordanie en février : «Dans le village où je logeais, près d’Hébron, un enfant venait d’être violemment battu par des colons armés de bâtons, et masqués. L’arbitraire est incessant : on ne peut jamais savoir si on va pouvoir aller d’un village à l’autre, parce qu’il y a partout des postes militaires de l’armée d’occupation, avec miradors et barrages, fermés sans horaire, sans raison, avec la pure et simple volonté de brimer et d’intimider. Du jour au lendemain, l’occupant décide que tel territoire devient zone militaire, et c’est terminé : même quand on y a une parcelle de terre depuis des générations, on ne peut plus y accéder».

Au mois de janvier, 700 personnes ont été forcées de quitter leurs maisons. Le mouvement des colons religieux, minoritaire il y a 30 ans, compte désormais plus de 750.000 membres, ce qui en fait la première force politique d’Israël. Dans un récent rapport l’ONU dénonce une nouvelle fois : «Israël met désormais en péril l’existence même du peuple palestinien en Palestine». Il s’agit «d’effacer» les Palestiniens de leur terre.

Dans une lettre ouverte, d’anciens hauts gradés de l’armée israélienne et des services de renseignement eux-mêmes finissent par dénoncer la «violence et le terrorisme» de leur gouvernement, l’accusant d’avoir institué un «système organisé» de pogroms «quotidien, permanent et terrifiant».

Méthodes fascistes à Gaza

À Gaza, des frappes continuent de tuer régulièrement des survivants malgré le cessez-le-feu officiel. Et avec sa ligne de démarcation jaune, l’armée israélienne impose de fait l’annexion de la moitié du territoire de Gaza, sans aucune intention de s’en retirer. L’aide alimentaire y reste limitée de façon draconienne, au niveau du seul point d’entrée situé à Rafah. Maintenant que la bande de Gaza est anéantie et que rien n’indique que les survivants palestiniens pourront un jour y vivre à nouveau dans des conditions supportables, les langues se délient jusque chez les soldats qui ont commis le génocide.

Dans le journal israélien Haaretz, un soldat racontait : «Un matin, nous sommes partis en patrouille avec un commandant. Il s’est arrêté à un moment donné. Les rues étaient désertes ; il n’y avait qu’un petit garçon gazaoui, d’environ 4 ans, qui jouait avec le sable dans sa cour. Le commandant s’est mis à courir, a attrapé le garçon, lui a cassé le bras au coude et la jambe. Il lui a appuyé trois fois sur le ventre et est parti. Nous sommes tous restés sans voix, le regardant avec stupeur… J’ai demandé au commandant : ‘Quel est votre problème ?’ Il a répondu : ‘Ces enfants doivent être tués dès leur naissance’». Ce sont des méthodes comparables à celles utilisées par les SS dans les ghettos, ou celles d’armées coloniales en campagne à la fin du XIXème siècle. Ce soldat explique : «Quand un commandant agit ainsi, tout devient légitime». C’est une manière d’autoriser une violence sans limite aux soldats de base.

Un autre soldat concède : «J’avais l’impression d’être un nazi… On aurait dit que nous étions les nazis et qu’ils étaient les Juifs». En novembre, la RTBF interrogeait un militaire qui racontait l’utilisation de palestiniens menottés comme boucliers humains, l’autorisation de tuer tout ce qui bouge, et la destruction systématique : «L’une des choses qu’on nous a dite, c’est que nous le faisons pour qu’il n’y ait plus d’endroit où les Palestiniens puissent revenir après la guerre».

Ce comportement est encouragé par les instances religieuses elles-mêmes. Une soldate décrit : «Une fois, le rabbin de la brigade s’est assis à côté de moi. Il a passé une demi-heure à m’expliquer pourquoi nous devions nous conduire exactement comme eux [le Hamas] s’étaient comportés le 7 octobre. Que nous devions nous venger de tous, même des civils. Que nous ne devions pas faire de discrimination, et que c’était l’unique solution». Ce rabbin célèbre, nommé Zarbiv et incorporé dans l’armée, s’est notamment filmé aux commandes d’un bulldozer en train de démolir un bâtiment à Gaza, tandis qu’un militaire commentait : «Le rabbin Zarbiv est en train de ‘zarbiver’ une maison, en direct de Gaza».

https://contre-attaque.net/2026/03/22/israel-poursuit-son-projet-delimination-du-peuple-palestinien/

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