
Écrit par
Renaud Garcia
Publié le
samedi 21 février 2026
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Skirda ou la mémoire des vaincus
Toujours en librairie : Notre Bibliothèque Verte (vol 1 et 2, vol 3) et « De » la technocratie. La classe puissante à l’ère technologique
Si Michel Ragon a romancé la poignante épopée des anarchistes dans La Mémoire des vaincus, Alexandre Skirda (1942-2020), historien russophone a documenté l’effroyable extermination de toute dissidence – libertaire, populaire – par la dictature bolchevique, toutes tendances confondues (léniniste, trotskyste, stalinienne), dès le coup d’Etat d’octobre 1917.
Il revient à cet enragé fouilleur d’archives d’avoir exhumé, avec Jacques Baynac et Charles Urjewicz, La terreur sous Lénine – 1917-1924. Cette terreur sanguinaire qui massacra l’insurrection anarchiste et paysanne d’Ukraine (la Makhnovchtchina), et l’insurrection populaire et révolutionnaire de Kronstadt. Comme le dit Jan Valtin dans Sans patrie ni frontières, ce sont en effet la Tchéka (1917) et le Guépéou (1922) qui ont servi de modèles à la Gestapo (1933), et non l’inverse. Aussi convient-il de soigneusement distinguer entre « antifascistes » et « (néo)-bolcheviques ».
Mais nous – naturiens, anti-industriels et anti-autoritaires – sommes particulièrement redevables à Skirda d’avoir recueilli les textes de Jan Waclav Makhaïski (1866-1926) dans Le Socialisme des intellectuels. Critique des capitalistes du Savoir, où le révolutionnaire polonais, jadis déporté en Sibérie, dénonce l’avènement d’une nouvelle classe exploiteuse ; l’intelligentsia des spécialistes et des diplômés (l’intellocratie), politiquement représentée par le parti marxiste.
Juste avant sa propre mort, Skirda enfonce un dernier clou dans le cercueil du « socialisme scientifique », avec la publication d’Un plagiat scientifique où reprenant deux siècles de textes occultés par l’hégémonie stalino-trotskyste, il montre et rappelle les multiples copiés-collés de Marx, pillant les socialistes français et bien d’autres, non seulement dans Le Manifeste du parti communiste, mais dans ses « maîtres-concepts » (la « plus-value », le « matérialisme historique », etc.).
Et Renaud Garcia rappelle ici qui fut Alexandre Skirda, et ce qu’il nous a laissé d’éléments de compréhension historique.
(Pour lire le texte, ouvrir le PDF ci-dessus.)
Lire aussi : Lille : l’« Offensive » des techies néo-bolcheviques
https://www.piecesetmaindoeuvre.com/documents/skirda-ou-la-memoire-des-vaincus

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