Rions un peu : les rafales de mythos d’Alice Cordier

Extrême droite, Humour, Justice


Alice Cordier, militante néo-nazie prise la main dans le sac, vient de déposer 120 plaintes. Oui, vous avez bien lu, après avoir été photographiée en train de réaliser un signe «SS» avec ses copains nostalgiques d’Hitler, elle s’embourbe et tente péniblement de contre-attaquer. Et c’est hilarant.


Alice Cordier, cheffe du groupe fémonationaliste Némésis et complètement débile, a déposé 120 plaintes.

Le ridicule ne tue pas. Malheureusement, car il n’y aurait plus beaucoup de militants d’extrême droite en France. Le niveau de bêtise, de mensonge et de malhonnêteté du camp de «l’ordre et de la morale» est tout simplement abyssal. On se souvient qu’après la mort de Quentin Deranque l’extrême droite a inventé – soit en générant des images par IA, soit en reprenant des photos d’autres personnes, soit avec un dessin – pas moins de 7 Quentin différents pour réaliser des visuels en ligne… La palme de l’irrespect absolu revient à une image artificielle montrant un Quentin inventé intubé et tuméfié sur un lit d’hôpital. Pendant ce temps, Némésis inventait une bonne dizaine de versions contradictoire, affirmant par exemple que le néo-nazi était un jeune catholique poignardé en pleine rue, ou qu’il avait «risqué sa vie pour les sauver», et lançait une cagnotte en ligne.

Il y a quatre jours, une curieuse photographie faisait le tour des réseaux sociaux : on y voit Alice Cordier en compagnie d’un individu dont le visage est flouté. Ces deux personnes semblent attablées dans un bar et miment chacun la lettre «S» en forme d’éclair avec leurs doigts. Ce qui donne SS, une référence à la Schutzstaffel, principale organisation sous le IIIᵉ Reich, milice criminelle d’élite sous les ordres d’Hitler.

Prise dans la tourmente, la cheffe de Némésis a multiplié des versions plus débiles et drôles les unes que les autres. Récapitulons dans l’ordre les 5 tentatives en 48 heures :

Une erreur de jeunesse

Elle a d’abord tenté l’argument de l’erreur de jeunesse en parlant de ses «joues» de «bébé». Ne riez pas, c’est bien ce qu’elle a écrit. Sauf que derrière elle, sur la photo, on aperçoit une affiche sur le centenaire de Boris Vian, qui a eu lieu en mars 2020. Le journaliste Pierre Plottu a retrouvé la date exacte de cette soirée, en 2022. Cette année-là, Alice Cordier avait 24 ans, elle avait créé Némésis depuis 2 ans pour, citons-la, «défendre nos mâles blancs».

Avant cela, Cordier avait déjà milité plusieurs années au sein de l’Action Française, groupe royaliste et antisémite. En 2020 elle était en couple avec un néo-nazi violent nommé Bastien Merger, adepte du bras tendu et membre des Zouaves Paris, groupuscule dissous en 2022 après des attaques sanglantes. Enfin, en 2021, Alice Cordier avait été embauchée par Bolloré dans l’émission de Cyril Hanouna. Bref, quand elle fait son signe «SS», elle a déjà de la bouteille, malgré ses «joues».

Un illustre inconnu dans un bar de surfeurs

Deuxième tentative : «C’était dans un bar de surfeurs avec un inconnu». Encore un mensonge. Alice Cordier n’est pas ce soir là avec des inconnus, mais avec Lazar A., leader du groupe ultra-violent «Skull Shooters». C’est d’ailleurs indiqué par le compte qui a publié la photo, celui d’un certain «Kenneth Ukraine», néo-nazi parti combattre à l’Est de l’Europe. Ce groupe utilise régulièrement ce signe «SS» avec les doigts sur ses photos, pour témoigner de son amour du Troisième Reich. Alice Cordier pose d’ailleurs aussi avec Karel C., lui aussi militant néonazi, condamné pour violences, arborant fièrement des tatouages à la gloire du nazisme. Vraiment pas de chance.

Un signe de rap

Troisième excuse : «C’était un signe de rap». Alice Cordier, grande fan de Hip-Hop, il fallait y penser. Elle jure alors qu’il ne s’agit pas d’un «S» mais d’un «Z» en référence à L’Uzine. Un groupe de rap montreuillois antiraciste qu’Alice Cordier n’a évidemment jamais écouté, puisque ses morceaux dénoncent la police, les discriminations ou Nicolas Sarkozy… On sent que l’équipe de Némésis a paniqué, qu’elle a demandé à Chat GPT quel signe pouvait se rapprocher du geste d’Alice Cordier, et a tenté le tout pour le tout. Mais c’est un nouvel échec.

Une membre de Némésis tente tout de même : «Alice fait un signe de groupe de rap à 18 ans». Quand elle avait 18 ans, l’album de l’UZine où figure le geste du «Z» avec les doigts n’était même pas sorti. Mais surtout, le groupe l’UZine répond sur Twitter : «Les fafs ne nous ont jamais écouté et ne nous écouteront jamais. Antiracistes depuis la première heure. Va te trouver une autre excuse». C’est ce qu’a fait Alice Cordier.

Pour faire comme des footballeuses

Autre tentative désespérée : une photo montrant des footballeuses toulousaines qui auraient fait un geste vaguement ressemblant : des lettres «L» avec les doigts. Même sanction : condamnation des concernées. Le compte officiel du Toulouse FC tweete : «Nous découvrons avec consternation la récupération honteuse autour de la célébration de notre joueuse Louna Lapassouse. Ce geste, qu’elle réalise depuis de nombreuses années, représente simplement ses initiales. Le Toulouse FC condamne fermement ces accusations et rappelle son engagement constant et sans ambiguïté contre toute forme de discrimination». Ça commence à sentir le roussi, et Cordier continue de creuser.

But contre son camp

Prise au piège, elle n’a plus qu’une solution : déposer 120 plaintes. Voilà quelqu’un qui a du temps et de l’argent à perdre, et les policiers qui ont accepté sont décidément très patients avec l’extrême droite… En annonçant ces plaintes, elle finit en apothéose : en parlant de Quentin Deranque, elle explique que LFI aurait «tué l’un des nôtres». Le but contre son camp est magistral, elle admet que le néo-nazi défunt était «l’un des siens»… dans le cadre d’une procédure pour contester son néo-nazisme. Magnifique.

Maintenant, admettons que ces plaintes aboutissent, et qu’il y ait des procès en série : le divertissement serait garanti ! Il va y avoir des heures de tribune pour démontrer qu’elle, son groupe et tout son réseau sont des néo-nazis, preuves à l’appui, avec communiqués de presse, happenings et tutti quanti.

Imaginez des procès fleuves avec des historiens, des spécialistes de l’extrême droite et des militants qui se suivent à la barre avec les innombrables preuves de son fascisme et qui retracent son parcours politique. Et Alice Cordier qui bégaie pendant des heures. Cela risque d’être grandiose !

Pour éviter une humiliation maximale, nous proposons à notre aimable lectorat de proposer d’autres explications foireuses à Alice Cordier.

Quelques idées en vrac : c’était un chifoumi, il s’agissait d’un exercice de réflexologie, c’est de l’IA ou un montage, elle avait une crampe, c’est sa sœur jumelle, c’est une tentative de cœur avec les doigts… Liste à compléter. Ne nous remercie pas Alice, c’est cadeau.

https://contre-attaque.net/2026/03/13/rions-un-peu-les-rafales-de-mythos-dalice-cordier/

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