
Contre le fascisme, le racisme et le colonialisme
Ce 8 mars 2026, nous marcherons ensemble car la progression du fascisme, du racisme et du colonialisme affecte déjà nos vies. Il ne s’agit pas d’une menace lointaine : elle se manifeste par des guerres, des occupations, des frontières de plus en plus violentes, des politiques d’expulsion et de détention, la perte de nos droits et du contrôle social, le tout au service d’un système capitaliste et patriarcal qui a besoin des inégalités pour perpétuer l’exploitation.
Cette tendance touche les femmes de manière disproportionnée. Dans les contextes de guerre, d’occupation et de militarisation, nos corps et nos vies deviennent des territoires de violence, de pauvreté et de dépossession, renforçant les violences sexistes et limitant notre autonomie.
Dans une perspective féministe internationaliste, nous dénonçons les conséquences de ce système sur les femmes à travers le monde : la situation des femmes en Syrie, en Afghanistan, au Soudan… ; la résistance quotidienne des Sahraouies et des Palestiniennes face au colonialisme et aux déplacements forcés ; et la persécution dont sont victimes aujourd’hui les femmes kurdes pour leur soutien aux projets d’autonomie et d’émancipation féministe. De même, nous dénonçons les politiques de détention, d’expulsion et de séparation familiale qui touchent de manière disproportionnée les femmes migrantes, engendrant souffrance, peur et déracinement. Il ne s’agit pas de réalités isolées, mais bien des manifestations d’une même structure de domination qui transcende les frontières.
Ici et maintenant, l’érosion des droits et la dégradation des services publics progressent de pair avec les gouvernements de droite, par le biais d’attaques directes contre l’autonomie des femmes. Des acquis fondamentaux tels que l’accès à l’avortement, l’égalité d’accès à l’éducation et la liberté sexuelle et reproductive sont remis en question, tandis que le contrôle, les inégalités et l’exclusion sont renforcés.
Les conséquences sont visibles au quotidien : précarité, difficultés d’accès à un logement décent, appauvrissement et recrudescence des violences sexistes sous toutes leurs formes – physique, sexuelle, économique et institutionnelle –, qui continuent de faire des victimes.
Dans ce contexte, nos revendications ne sont pas abstraites : ce sont des réponses concrètes pour défendre des vies dignes, à l’abri de la violence.
NOUS EXIGEONS :
La fin de toutes les violences sexistes, y compris les féminicides, les violences par procuration et les meurtres sexistes, grâce à de véritables politiques de prévention, de protection, de réparation et à des ressources suffisantes.
La fin de la précarité structurelle, de la division sexuelle du travail et des inégalités salariales et de retraite qui condamnent les femmes à l’inégalité tout au long de leur vie.
Un système de soins public, communautaire, universel et gratuit, ainsi que des conditions de travail décentes dans le secteur, avec des salaires équitables, de la stabilité, des conventions collectives et le droit de grève.
Le droit à un logement décent et aux biens de première nécessité, face à la spéculation, aux expulsions et à la précarité du logement.
Une protection efficace contre toute crise, car ses conséquences pèsent de manière disproportionnée sur les femmes et les personnes en situation de vulnérabilité.
L’éradication de toutes les violences et discriminations à l’égard des femmes, des personnes dissidentes et des personnes LGBTIQA+ , ainsi que des préjugés sexistes dans le domaine de la santé.
La fin de la violence institutionnelle, qui criminalise, ne protège pas et viole les droits, notamment ceux des femmes, des migrants et des groupes en lutte.
L’abrogation de la réforme du travail et des réformes des retraites qui nous condamnent à des vies épuisées et précaires.
L’abrogation de tout ce qui qui criminalise et punit la protestation sociale par des sanctions et l’emprisonnement, et qui est utilisée pour persécuter et réprimer les mouvements féministes, syndicaux et sociaux critiques.
Un revenu de base pour tous et une réduction de la journée de travail à 30 heures.
Visibilité et représentation égale des femmes et des personnes non binaires dans tous les domaines.
Une société non validiste, inclusive de la diversité fonctionnelle et des corps non normatifs.
Des politiques concrètes pour la coéducation, la formation et la sensibilisation à l’égalité.
Mesures urgentes pour faire face à l’urgence climatique , dans une perspective de justice sociale.
Il n’y a pas de neutralité face au fascisme.
Notre réponse est collective, féministe et sans frontières – dans la rue, au travail et dans toutes les sphères de la vie.
Des femmes qui se battent, qui abattent les frontières.
Nos vies en dépendent, nos libertés en dépendent.
8 mars. Journée internationale des femmes. Créatrices d’un monde nouveau.
Les travailleuses sont une fois de plus largement oubliées sur la scène politique et médiatique. Le chômage féminin a augmenté davantage que celui des hommes, tandis que nous restons cantonnées aux emplois à temps partiel et aux contrats temporaires, sans que cela ne semble justifier la moindre annonce politique phare de la part du gouvernement. Parallèlement, les syndicats et les mouvements sociaux continuent de subir une répression quotidienne, comme en témoigne l’actualité avec de nombreux syndicalistes qui risquent des peines de prison pour leur activité syndicale.
Pour les anarcho-syndicalistes, la lutte syndicale est indissociable de la lutte féministe , tout comme le système capitaliste est indissociable du patriarcat. La logique capitaliste relègue les femmes à des tâches essentielles (ménage, soins, etc.) qui répondent à des besoins humains fondamentaux, mais qui doivent être effectuées sans rémunération au sein de la famille ou dans des conditions d’exploitation domestique, et qui ne jouissent d’aucun prestige. À l’inverse, de nombreux emplois et activités sans utilité sociale, voire directement antisociaux (l’industrie militaire, la spéculation boursière, etc.), largement dominés par les hommes, sont très bien rémunérés et jouissent d’un prestige social considérable.
Dans ce cadre capitaliste et patriarcal, on tente même de convaincre les femmes que la prostitution n’est qu’un travail comme un autre et que le proxénète devrait être considéré comme un homme d’affaires, en dissimulant parfois cette revendication sous couvert de syndicalisation. Nous estimons que l’exploitation du corps des femmes ne saurait en aucun cas être considérée comme un travail ; il s’agit plutôt d’une forme de violence sexuelle qui renforce une masculinité hégémonique où les désirs des hommes priment sur les rapports sociaux.
Ce « monde à l’envers » est la réalité quotidienne des femmes qui travaillent. Elles ont su s’affirmer et se défendre au sein d’un système profondément misogyne, tout en devant trop souvent faire face à l’indifférence et au mépris de leurs collègues. L’analyse féministe prône une conception du travail qui valorise non pas la rentabilité d’une activité pour le marché capitaliste, mais son importance pour le maintien de la vie et la satisfaction des besoins humains.
Les femmes qui travaillent sont en train de bâtir un monde nouveau face à un système autodestructeur. Nous œuvrons chaque jour pour être un outil efficace dans la lutte contre le capitalisme et le patriarcat, contribuant ainsi aux aspirations légitimes à l’émancipation des femmes.
VIVE LE 8 MARS 2026
VIVE LA LUTTE DES FEMMES AU TRAVAIL
D’après nos camarades de la CGT et CNT d’Espagne

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