Nantes : la «Marche de soutien à la police» fait flop, la contre-manif empêchée par la répression

Maintien de l’ordre, Récit de manif

En haut : Quelques dizaines de personnes rassemblées devant le commissariat de Nantes pour soutenir la police.
En bas : la banderole de la contre-manif a été rapidement déployée le temps d'une photo : "La police tue".

Cela devait être une grande marche de soutien à la police, sensée démontrer la popularité des uniformes en France, et permettre aux forces de l’ordre d’obtenir plus de moyens et des lois toujours protectrices en cas de violences policières. En tout cas, c’était le pari du syndicat policier Alliance. Vous savez, celui qui appelait à écraser les «hordes sauvages» et les «nuisibles» en 2023 après la mort de Nahel.

C’est peu dire que l’appel a fait flop. Samedi 31 janvier, au matin, devant le commissariat central, le rassemblement était famélique. Quelques policiers hors service, l’équipe du Rassemblement National de Loire-Atlantique au grand complet et deux ou trois personnes endoctrinées par Cnews. Il y avait moins de 100 personnes sous la pluie. Un rassemblement tellement faible qu’il n’a même pas manifesté, alors qu’il devait marcher jusqu’à la préfecture. Alliance rêvait d’un grand «appel au soutien des citoyens», c’est un échec cuisant.

Il faut dire qu’à Nantes, cette opération était une véritable provocation. Dans une ville marquée par le décès d’Aboubakar, tué d’une balle dans le cou en 2018, par celui de Steve, mort le soir de la fête de la musique 2019, par des centaines de cas de mutilé·es et de blessé·es, par des milliers d’arrestations lors des mobilisations sociales ces 10 dernières années, et malgré la propagande délirante des médias des milliardaires sur «l’insécurité à Nantes», il était improbable que ce rassemblement réunisse du monde.

À l’inverse, un appel à une contre-manifestation pour rendre hommage aux victimes de la police avait beaucoup circulé sur les réseaux sociaux. Mais il a été rendu impossible par la répression. Pendant que leurs collègues hors service étaient réunis devant le commissariat, des dizaines de CRS se chargeaient d’empêcher tout regroupement contestataire. De fait, il y avait plus de policiers en uniformes et armés pour faire taire la contre-manifestation que dans le rassemblement de soutien !

Les affiches de soutien aux victimes de la police qui ont été volées par les forces de l'ordre.

Le point de rendez-vous était quasiment inaccessible, tous les passants étaient contrôlés, les axes de transports en commun ainsi que le pont de la Motte Rouge étaient barrés par des véhicules de police… Un groupe d’indigné·es avait prévu des pancartes avec les portraits de personnes tuées par la police. Ces visuels ont été volés avant même d’être brandis, et emmenés au commissariat en toute illégalité. Pas question de rappeler, à Nantes, le souvenir de jeunes nantais ayant perdu la vie à cause des forces de l’ordre. Pour rappel, l’affaire Steve s’était soldée par une relaxe générale, malgré des faits accablants. Censurer son souvenir est une nouvelle violence.

Dans le cadre d’une chasse à l’homme dans le secteur de l’île Versailles, un mineur a été contrôlé à de multiples reprises avant d’être embarqué. Il témoigne de menaces à son encontre dans le véhicule de police telles que «Dommage que tu sois mineur je t’aurais bien mis quelques coups». Avec de nombreuses autres fouilles, l’intention des forces de l’ordre est claire : pas question de pouvoir se rassembler. Une banderole « La police tue » a tout de même été déployée, histoire de ne pas abandonner la rue.

Si l’impossibilité de manifester ce samedi laisse un goût amer, la situation est tout de même révélatrice de l’époque : l’extrême droite et les syndicats policiers n’ont aucune base populaire réelle, aucun vrai soutien dans la rue. Mais ils bénéficient d’appuis écrasants dans les médias et au sommet du pouvoir. Ainsi que d’un armement et d’une impunité totale garantis par l’État. Si le syndicat Alliance n’était pas le bras armé du gouvernement, il ne représenterait rien. Mais le régime ne tient que par sa police.

https://contre-attaque.net/2026/01/31/nantes-la-marche-de-soutien-a-la-police-fait-flop-la-contre-manif-empechee-par-la-repression/

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.