Partir enfumer. Mardi soir, le collectif Extinction Rebellion a fait brûler une maquette de la Terre devant l’Assemblée nationale, à Paris, pour réclamer davantage de mesures d’atténuation et d’adaptation au réchauffement climatique.
19 août 2026 à 11h20
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«Les incendies et canicules de cet été ne sont pas un coup du sort mais le fruit des décisions des industriels et des politiques», s’indigne Capucine*, militante du collectif Extinction Rebellion (XR). Elle a allumé une maquette de la Terre devant l’Assemblée nationale, à Paris, mardi soir. Un écho aux incendies historiques qui ont ravagé la France et sont toujours en cours en Europe, ainsi qu’aux canicules successives de l’été.
L’organisation, habituée aux blocages et actions de désobéissance civile, a repris du service en ce mois d’août pour interpeller les politiques et citoyen·nes alors que la campagne pour l’élection présidentielle de 2027 démarre officiellement ce mercredi.
Dans un discours prononcé à quelques pas de l’institution, XR dénonce «l’inconséquence de nos décideurs politiques et des grands industriels, captifs d’un modèle de pensée d’un autre siècle.» Il liste les évènements contradictoires à une baisse des émissions de dioxyde de carbone (CO2) de la France qui se sont déroulés en plein été de sécheresse, à l’image du doublement des bénéfices de TotalEnergies sur un an, qui se dirige vers davantage d’exploitation d’énergies fossiles, ou de la décision du Conseil d’État qui a validé l’autoroute A69, promettant plus de véhicules individuels sur les routes et d’artificialisation des terres.

«Cette action vise à politiser les incendies de cet été, explique à Vert Capucine. On pointe souvent du doigt les pyromanes, mais les vrais criminels qui ne freinent pas le réchauffement climatique ne sont jamais cités».
Face à la sidération ou à la résignation que peut entraîner la chaleur suffocante, le collectif tient à rappeler que les solutions existent. «Elles sont atteignables, imposons les dans le débat public», lance Ernest*, militant de XR. Parmi leurs revendications : faire appliquer les 146 mesures de la convention citoyenne pour le climat mise en place par Emmanuel Macron, dont il a ignoré de nombreuses suggestions. Ils et elles exigent également l’arrêt «des projets écocidaires», tels que la construction de l’autoroute A69 ou l’extension de l’aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle.
«Ça fait des années qu’on demande des actes et qu’on a l’impression de crier dans le vide, déplore Capucine. Mais, par les actions, on peut sortir de notre impuissance.» Conscient de l’élection présidentielle qui approche à grand pas, Extinction Rebellion demande la mise en place d’une assemblée citoyenne décisionnaire. Son objectif, selon le collectif : définir les mesures à prendre pour atteindre au plus vite la neutralité carbone et pour adapter les services publics au dérèglement climatique.
*Le prénom a été modifié.

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